[Flag of Mongolia]
République de Mongolie

   Mongolie        



 
Capitale:  Oulan-Bator (Ulaanbaatar)
Population: 3,2 millions (est. 2018)
Langue officielle: mongol ou khalkha
Groupe majoritaire: mongol ou khalkha (78 %)
Groupes minoritaires: kalmouk ou oïrat (8,4 %), kazakh (4,9 %), bouriat (2,6 %), chinois mandarin (1,4 %), tuvine ou touvan (1,3 %), ouïgour (0,04 ), russe (0,17 %), darkhat (0,1 %) évenki (0,04 %)
Système politique: république unitaire (démocratique)
Articles constitutionnels (langue): art. 8, 14, 53 et 69 de la Constitution de 1992
Lois linguistiques: 
Loi sur la citoyenneté (1995); Loi sur les tribunaux (1994); Code pénal (2002); Loi sur l'enseignement primaire et secondaire (2002); Loi sur l'éducation (2006); Loi sur les médicaments et les dispositifs médicaux (2010); Loi sur la langue mongole (2015).

1 Situation géographique

La Mongolie, officiellement appelée république de Mongolie, est un pays d’Asie centrale limité au nord par la Russie et à l’est, au sud ainsi qu'à l’ouest par la Chine. Le pays est parfois encore appelé par son ancien nom de Mongolie extérieure (par opposition à la Mongolie intérieure, une province chinoise). Il couvre une superficie totale de 1,5 million de km², soit l'équivalent de l'Iran (trois fois la France). La capitale est Oulan-Bator (Ulaanbaatar).

La Mongolie est divisée en 21 aïmags («provinces») et quatre municipalités spéciales (hotuud au sing., hot au pl.): Arhangaj, Bayan-Hongor, Bayan-Ölgij, Bulgan, Darhan, Dornod, Dornogovi, Dundgovi, Dzavhan, Erdenet, Govi-Altaj, Hèntij, Hovd, Hövsgöl, Ömnögovi, Övör-Hangaj, Sèlèngè, Sühbaatar, Töv, Oulan-Bator* et Uvs (voir la carte détaillée). Les aïmags (masc.) sont eux-mêmes divisés en un certain nombre de soums pour un total de 315. Un soum désigne à la fois le district et la ville de ce district; la capitale Oulan-Bator est administrée séparément comme un district fédéral.

2 Données démolinguistiques

La Mongolie est peuplée à 85 % de Mongols khalkha, mais on compte également 7 % de Kazakhs (turcs), 4,6 % de Toungouses, et 3,4 % d'autres ethnies (dont des Russes et des Chinois).

Parmi les Mongols eux-mêmes, on distingue environ 25 ethnies différentes. Ainsi, le peuple mongol ne forme pas une nation ethniquement homogène, car n'oublions pas que les Mongols se sont formés à partir de tribus turques et toungouzes. Les Mongols bouriates vivent dans le nord du pays, les Dariangas occupent les steppes sud-orientales; les Ölöts (ou Dzoungares), les Kazakhs, les Torgouts, les Dervöts, les Kotons, les Darkhats peuplent les montagnes de l’Ouest.

De façon générale, si l'on fait exception de la ville d’Oulan-Bator, les habitants sont assez également répartis dans l'ensemble du pays.

N Aïmags
(province)
Statut Superficie
(km²)
Capitale Population
(est. 2000)
Pourcentage
1 Arhangaj Aïmag 55 300 Tsetserleg 103 700

4,2 %

2 Bayan-Hongor Aïmag 116 000 Bayan-Hongor 91 600

3,7 %

3 Bayan-Ölgij Aïmag 45 700 Ölgij 96 200

3,9 %

4 Bulgan Aïmag 48 700 Bulgan 66 000

2,7 %

5 Darhan-Uul Municipalité 3 280 Darhan 94 400

3,9 %

6 Dornod Aïmag 123 600 Choybalsan (Bayan-Tumen) 84 500

3,4 %

7 Dornogovi Aïmag 109 500 Buyant-Uhaa (Saynshand) 49 900

2,0 %

8 Dundgovi Aïmag 74 700 Mandalgovi 54 500

2,2 %

9 Dzavhan Aïmag 82 500 Uliastay (Dzavchlant) 105 000

6,2 %

10 Govi-Altaj Aïmag 141 400 Altaj (Yösönbulag) 74 900

3,0 %

11 Govisumber Municipalité 5 540 Choyr 13 100

0,5 %

12 Hèntij Aïmag 80 300 Öndörhaan 77 800

3,2 %

13 Hovd Aïmag 76 100 Dund-Us (Hovd, Jirgalanta) 93 000

3,8 %

14 Hövsgöl Aïmag 100 600 Mörön 123 700

5,1 %

15 Ömnögovi Aïmag 165 400 Dalandzadgad 46 200

1,9 %

16 Orhon Municipalité 840 Erdenet 75 200

3,1 %

17 Övörhangaj Aïmag 62 900 Arvayheer 116 900

4,8 %

18 Sèlèngè Aïmag 41 200 Sühbaatar 107 100

4,4 %

19 Sühbaatar Aïmag 82 300 Baruun-Urt 59 700

2,4 %

20 Töv Province 74 000 Dzuunmod 113 700

4,7 %

21 Ulan-Bator Municipalité 4 700 Ulaanbaatar (Ulan-Bator) 672 900

27,8 %

22 Uvs Aïmag 69 600 Ulaangom 100 500

4,1%

2.1 Le mongol (ou khalkha)

Près de 90 % des Mongols parlent le mongol (ou khalkha), une langue de la famille altaïque appartenant au groupe mongol (à distinguer des groupes turcique et toungouze):
 


Turcique

turc, turkmène, ouzbek, ouïgour, azéri, kazakh, kirghiz, tatar, gagaouze, karakalpak, bachkir, yakoute, tchouvache, tuvine (touvan), etc.


Mongol

khalkha (mongol proprement dit), oïrat, bouriat, kalmouk, xorein, évenki, darkhat, etc.


Toungouze

mandchou, lamout, éven, nanai, negidal, oroch, orok, oudihe, oulch, etc. 

En tant que langue altaïque apparentée au turc, le mongol est une langue dite agglutinante, c'est-à-dire que les catégories grammaticales sont exprimées par des suffixes. Le mongol standard (la variété khalkha) a le statut de langue officielle dans tout le pays, mais il est aussi parlé en Chine, soit en Mongolie-Intérieure (Öbör mongol öörtöö zasag oron) ainsi que dans les provinces chinoises limitrophes du Nord-Est (Heilongjiang, Jilin), du Nord (Hebei) et du Nord-Ouest (Gansu, Ningxia, Xinjiang); il est aussi parlé en Russie, particulièrement dans la République autonome bouriate-mongole au sud-est du lac Baïkal ainsi qu'à l'ouest du lac, dans deux arrondissements nationaux; sur la rive occidentale du cours inférieur de la Volga, les Kalmouks (env. l50 000) sont installés dans la République autonome de Kalmoukie. Rappelons aussi l'existence, bien aléatoire, de petites communautés apparentées au Mongols: les Moghols d'Afghanistan (les Aïmak et Hazaras), descendants des Mongols de la conquête restés isolés avec la fin de l'empire. Ainsi, enclavée entre la Russie et la Chine, la Mongolie se trouve divisée territorialement, linguistiquement et culturellement, car les Mongols habitent trois États. 

Il existe plusieurs synonymes pour désigner cette langue:

Termes français Termes anglais
mongol Mongol
mongolien Mongolian
khalkha Khalkha
halh Halh
mongolien central Central Mongolian
mongolien halh Halh Mongolian
mongol khel Mongol Khel
khalkha mongolien Khalkha Mongolian
dariganga Dariganga
khotogoit Khotogoit
sartul Sartul
tsongol Tsongol
ujumuchin Ujumuchin
urat Urat

On estime à plus de six millions le nombre de locuteurs mongols, en tenant compte des quelque 350 000 Bouriates de Russie, qui vivent au sud-est du lac Baïkal et des quelque 150 000 Kalmouks habitant sur la rive occidentale du cours inférieur de la Volga.

2.2 Les variétés dialectales

Il existe de nombreuses variétés dialectales du mongol, qui présentent des différences d'ordre phonétique et phonologique, puis d'ordre lexical et syntaxique, mais ces différences ne remettent pas en question l'intercompréhension. Le khalkha constitue la variété dialectale la plus importante. Non seulement le khalkha est parlé par 78 % de la population comme langue maternelle, mais elle a acquis le statut de langue officielle, donc de principale langue d'enseignement, et elle est connue par presque tous les Mongols.

Plusieurs dialectes sont issus du khalkha: le dariganga (env. 30 000 locuteurs), le darxad (env. 15 000 locuteurs) dans le Nord, de même que le xotgoid, le bouriate (environ 35 000 locuteurs), le barga (env. 2000 locuteurs), puis l'üzümücin dans le Sud. On distingue également d'autres variétés dialectales dans l'Ouest (les Mongols occidentaux): le torguud, le bajad, l'ööld, le dörvöd, le xoton, le zaxcin et le mjangad, sans oublier les Oïrats de Chine et les Kalmouks de Russie (près de la mer Caspienne). Tous ces dialectes sont parlés dans les zones périphériques du Nord (Mongols septentrionaux ou Bouriates), du Sud (Mongols méridionaux) et de l'Ouest (Mongols occidentaux), la variété khalkha occupant tout le Centre. Voici une classification proposée par Wikipédia:

Mongol central

- khalkha (langue officielle de la Mongolie) ;
- ordos (forme autochtone : urdus) ;
- mongol de Mongolie-Intérieure basé sur le dialecte tchakhar. Autres dialectes de Mongolie-Intérieure: barin, khortchin, üjümütchin, naiman, jarut, sunid, abaga, aru khortchin, khartchin, keshigten, ogniut, darkhat, jalaït ;
- alasha ;

Mongol de l'Ouest

- oïrat / kalmouk ; dialectes : torgut, dörbet, olot (ou ööld, elyut, eleuth), khoshut (ou khoshuud), waisi ;

Mongol du Nord

- bouriate ; dialectes : bargu, shinekhen, khori, aga, ekhirit, unga, nijneoudinsk, barguzin, tunka, oka, alar, bohaan, bulagat;
- khamnigan mongol ;
- khamnigan de Mandchourie;

Mongol du Nord-Est

- daur ;

Mongol du Sud-Est
(langues mongoles de l'union linguistique du Qinghai et du Gansu)

- monguor (ou tu) ; dialectes : mongghul, mangghuer, fortement influencé par le tibétain et les langues chinoises
- kangjia
- bonan
- dongxiang (ou santa)

Mongol du Centre-Sud

- yugur oriental ou shira yugur

Mongol du Sud-Ouest

- moghol (ou mogholi, mogol)

Bref, il est malaisé de classifier les variétés du mongol, tant la diversité et la complexité sont importantes. Quoi qu'il en soit, c'est la variété khalkha du mongol qui sert de langue commune et de langue officielle.

2.3 Les écritures mongoles

La situation en Mongolie est devenue telle que le pays se retrouve avec trois systèmes d'écriture simultanés: l'alphabet cyrillique, l'alphabet mongol traditionnel et l'alphabet latin. Il a déjà existé une écriture ancienne, l'écriture phagspa.

- L'alphabet cyrillique (en vigueur)

Sous la pression de l’Union soviétique, les Mongols durent à partir de 1937 adopter l'alphabet cyrillique (légèrement modifié). En 1941, le gouvernement mongol alla jusqu'à adopter une loi pour supprimer l’alphabet mongol traditionnel.

Jusqu'en 1990, l'alphabet cyrillique servit d'unique système d'écriture en Mongolie, alors que les Mongols de Chine (Mongolie intérieure) utilisaient l'alphabet mongol traditionnel. L'alphabet cyrillique est non seulement encore utilisé aujourd'hui, mais il risque probablement de supplanter définitivement l'écriture mongole traditionnelle qui n'est employée que dans des circonstances exceptionnelles. Néanmoins, les élèves des écoles doivent recevoir une initiation pour apprendre cette technique d'écriture ancienne.

- L'alphabet mongol traditionnel (usage symbolique)

L'écriture mongole traditionnelle remonterait au XIIIe siècle. Elle est dérivée de l'écriture ouïgoure, elle-même inspirée de l'écriture Sogdiane, elle-même issue d'une écriture araméenne. Toutes ces écritures proviennent des écritures sémitiques issues du phénicien. L'alphabet mongol fut supprimé sous l'ère soviétique, officiellement en 1941. À partir de 1990, le gouvernement mongol a décidé de restaurer l’alphabet mongol traditionnel, mais il n'a pu éliminer l'alphabet cyrillique.

Mongolian

C'est un alphabet un peu plus complexe comme celui utilisé en Mongolie intérieure (Chine) et il est lu verticalement de haut en bas, les colonnes commençant par la gauche (voir le texte de droite ci-dessus). En Mongolie extérieure (Mongolie proprement dite), cette écriture a fait, depuis 1991, l'objet d'une promotion importante, mais les projets de sa réintroduction comme écriture nationale officielle se sont heurtés à de grandes difficultés.

En réalité, l’écriture mongole n’a qu’une utilité symbolique aujourd’hui, car toute la communication écrite ne se fait qu'en cyrillique (ou en alphabet latin avec l'anglais). Bien que cette ancienne écriture mongole soit apprise obligatoirement dans les écoles, elle n’est pas véritablement utilisée dans la vie quotidienne, même pas par les journaux ou sur les panneaux de signalisation ou la toponymie. Néanmoins, il est probable que, pour des raisons à la fois pratiques (alphabet cyrillique) et idéologiques (alphabet mongol), les deux systèmes coexisteront pendant un certain temps. 

- L'alphabet phagspa (usage symbolique)

Cette écriture fut créée en 1269 à la demande de l'empereur Kubilai Khan (1215-1294) par un moine d'origine tibétaine, nommé d'après son titre Phags-pa («vénérable»); on appelle également cette écriture du nom d'«écriture carrée». Elle fut utilisée sous la dynastie des Yuans (1234-1368), mais elle suscita de fortes résistances tant par les élites mongoles habituées à l'écriture traditionnelle plus simple que par les lettrés chinois tout aussi attachés à leur écriture et peu portés à employer pour leur langue celle de l'occupant. Cette écriture avait la particularité d'être utilisée comme écriture unifiée pour toutes les langues mongoles de l’Empire chinois de la dynastie des Yuans; par sa forme carrée, elle permit d'être adaptée aux côtés des caractères han, également carrés.

Néanmoins, l'écriture phagspa tomba en désuétude lorsque la dynastie Yuan fut renversée par la dynastie Ming (1364-1644). Par la suite, elle est demeurée confinée dans des usages strictement symboliques.

- L'alphabet latin (anglais)

L'alphabet latin demeure connu et utilisé en Mongolie. Rappelons que cet alphabet a déjà été employé en 1931, puis abandonné. Depuis la chute du régime soviétique, l'alphabet latin est revenu avec l'entrée de l'anglais dans le pays. Les firmes étrangères ont généralement recours à l'anglais. En effet, l'écriture latine est généralisée pour la notation de mots étrangers, essentiellement des noms d'entreprises; elle est également utilisée dans des phrases complètes en anglais dans le domaine de la publicité.

2.2 Les langues minoritaires

Il convient de distinguer deux types de minorités nationales: les mongolophones et les non-mogolophones.

Les locuteurs du mongol khalkha, le groupe majoritaire toutes ethnies confondues, atteint 75,4 % (2 433 700) de la population totale (3,2 millions). Mais il existe d'autres communautés mongolophones qui s'expriment dans une autre variété de mongol pour un total de 509 600  personnes (15,8 %): kalmout-oïrat, mongol de Kokonour, bouriate, daur, etc. Tous les mongolophones réunis forment 91,2 % (2 943 300) de la population. Il reste 8,8 % de la population qui est non mongolophone (kazakh, chinois, touvain, ouzbek, etc.).

Ethnie Population Pourcentage Langue principale Affiliation linguistique Religion
Mongol khalka 2 140 000 66,3 % mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

religion ethnique
Kalmouk-Oïrat (Ouest) 264 000 8,1 % kalmouk-oïrat

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Mongol de Kokonour (Nord) 160 000 4,9 % mongol périphérique

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Kazakh 114 000 3,5 % kazakh

altaïque (groupe turcique)

islam
Dörbet 82 000 2,5 %

mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

religion ethnique
Bayad 64 000 1,9 %

mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

aucune religion
Bouriate mongol 51 000 1,5 %

bouriate

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Chinois 44 000 1,3 %

chinois mandarin

famille sino-tibétaine

aucune religion
Uriankhai 42 000 1,3 %

touvain

altaïque (groupe turcique)

bouddhisme
Zahchin 37 000 1,1 %

mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

aucune religion
Dariganga 31 000 0,9 %

mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Uriankhai de l'Altaï 30 000 0,9 %

mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Ouzbek du Nord 26 000 0,8 %

ouzbek du Nord

altaïque (groupe turcique)

islam
Darkhad 24 000 0,7 %

mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

religion ethnique
Khotogoïd 17 000 0,5 %

mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

religion ethnique
Torgout 16 000 0,4 %

kalmouk-oïrat

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Khoton 13 000 0,4 %

kalmouk-oïrat

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Ukrainien 9 600 0,2 %

ukrainien

langue slave

chrétienne
Uuld 8 700 0,2 %

mongol khalkha

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Doungane 6 000 0,1 %

doungane

famille sino-tibétaine

islam
Uzemchin 2 900 0,0 %

mongol périphérique

altaïque (groupe mongol)

bouddhisme
Russe 2 800 0,0 %

russe

langue slave

chrétienne
Daur 2 100 0,0 %

daur

altaïque (groupe mongol)

religion ethnique
Coréen 1 700 0,0 %

coréen

famille coréenne

aucune religion
Américain 700 0,0 %

anglais

langue germanique

chrétienne
Évenki 600 0,0 %

évenki

altaïque (groupe mongol)

religion ethnique
Ouïgour 500 0,0 %

ouïgour

altaïque (groupe turcique)

islam
Tsaatan 300 0,0 %

touvain

altaïque (groupe turcique)

religion ethnique
Autres 34 000 1,0 %

-

-

-
Nombre total (2019) 3 224 900

 100,0 %

 -

-

 -

La langue minoritaire la plus importante est le kalmouk ou oïrat, parlé dans l'ouest du pays par 8,1 % de la population (totale); comme le khalkha, c'est une langue mongole de la famille altaïque. Elle est suivie par le kazakh (3,9 %), une langue altaïque du groupe turcique parlé dans l'aïmag du Bayan-Olgij, puis par le bouriate (1,5 %), une autre langue altaïque du groupe mongol, employée dans le Nord-Est (aïmags de Hèntij et Dornod).

Les autres langues sont le chinois mandarin (1,3 %), une langue sino-tibétaine, au nord-ouest dans l'aïmag d'Uvs, le tuvain ou touvan (1,3 %). Il convient de mentionner le daur et l'évenki, deux langues altaïques mongoles, respectivement employées dans l'aïmag de Hövsgöl au nord, et dans l'aïmag de Sèlèngè.

Enfin, il reste encore des russophones (0,17 %) au nord. Mentionnons que la connaissance du russe a considérablement régressé, en particulier chez les jeunes, du fait de la faveur croissante de l’anglais et du délabrement du système scolaire, en passe d’être jugulé sous peu. Le russe reste bien présent chez les cadres moyens et supérieurs, surtout chez les intellectuels.

La comparaison entre le niveau de connaissance du russe en Mongolie et celui de l’anglais en France n’est pas trop hasardeuse, même si elle n’est pas très flatteuse pour le niveau des Français… Toutefois, la comparaison pourrait s'étendre aux Espagnols, aux Italiens, aux Mexicains, etc. Enfin, il est difficile de trouver des informations sur la situation socio-économique des différents groupes ethniques minoritaires en Mongolie. On ne peut aussi que déplorer l'absence de législation générale sur les minorités ethniques et sur la lutte contre la discrimination fondée sur la race, la couleur, l'affiliation ou l'origine nationale ou ethnique.

2.3 Les religions traditionnelles

Les religions traditionnelles en Mongolie sont le bouddhisme lamaïste, qui a été interdit en 1929, et le chamanisme (dans le Nord, chez les Tsaatans); on compte aussi quelques communautés musulmanes. Il faut dire qu'en matière de religion l'État communiste a longtemps encouragé l'athéisme, mais une grande partie de la population a toujours pratiqué encore le bouddhisme lamaïste. Depuis la libéralisation démocratique de 1990, on observe une résurgence des pratiques lamaïstes, ce qui a permis la restauration de certains monastères et l’instauration d’écoles monastiques. Rappelons que le dalaï-lama de Lhassa au Tibet a souvent été originaire de la Mongolie, car le Tibet a longtemps fait partie de la Mongolie. Le 30 novembre 1993, le gouvernement a promulgué une loi restreignant les activités des Églises étrangères, et ce, par souci d'unité nationale et pour protéger les religions chamanistes et bouddhistes face à ces religions concurrentes.

3 Données historiques

Des ossements découverts dans le désert de Gobi et dans d'autres régions de Mongolie témoignent d'une présence humaine remontant à près de 500 000 ans. Malgré les étés courts, la culture du blé semble avoir coexisté pendant des milliers d'années avec l'élevage nomade, que les Mongols ont adopté après avoir domestiqué les chevaux, les yacks et les chameaux.

3.1 L'Empire mongol

Le mot «mongol» apparut pour la première fois au VIIe siècle de notre ère dans les archives chinoises. La Mongolie était alors gouvernée par un peuple turc, les Ouïgours, qui contrôlèrent le pays jusqu'en 840, avant d'être vaincus par les Kirghiz, un autre peuple turcophone. Au cours des Xe et XIIe siècles, les Mongols formèrent une confédération de clans rivaux.

En 1189, un jeune Mongol du nom de Temüjin parvint à unir la plupart des tribus, ce qui lui valut le titre de Gengis Khān («empereur universel»). Pour les Mongols, ce nom évoque la force, l'unité, le droit et l'ordre de la Mongolie. Après avoir établi sa capitale dans l'actuelle Kharkhorin, il lança sa cavalerie à l'assaut de la Chine et de la Russie. Il mourut en 1227 des suites d’une chute de cheval. Le 18 août 1227, l’empire mongol (avec Karakoroum comme capitale), qui s'étendait de Pékin jusqu'à Moscou en passant par la mer Caspienne, fut divisé entre ses quatre fils.

En 1279, Kūbilaï Khān, petit-fils de Gengis Khān, acheva la conquête de la Chine. Au lieu de chercher à agrandir davantage le royaume, il s'efforça de l'unifier. Ce fut la pax mongolica, l'âge d'or de l'Empire mongol, l'un des plus vastes de tous les temps.

À la mort de Kūbilaï Khān en 1294, des factions rivales se formèrent, tandis que les Chinois commencèrent à s'opposer aux Mongols.  Ceux-ci furent chassés de Pékin en 1368 par le premier empereur de la dynastie Ming (1368-1644). Il s'ensuivit une longue période de déclin et de lutte entre les Mongols orientaux (héritiers de Gengis Khān) et les Mongols occidentaux (soumis aux Ming), qui dura près de trois siècles.

L’arrivée sur le trône d'Altan Khān (1543-1582 ?) redonna pour un temps une certaine vigueur à un empire en déclin. Mais le fait politique essentiel fut l’introduction par Altan Khān (1543-1582 ?) du lamaïsme tibétain de la Secte jaune (bouddhisme réformé au XIVe siècle qui s’opposait au bouddhisme de la Secte rouge). Altan Khān s’étant converti en 1578 au lamaïsme tibétain, les princes et le peuple durent suivre son exemple. De 1639 à 1924, le «Bouddha vivant» (Bogdo Gegen) et ses réincarnations siégèrent à Ourga (aujourd’hui Oulan-Bator). Le lamaïsme entrava le développement de la civilisation mongole et se transforma rapidement en une institution laïque, économique et oppressive. Cette alliance entre le clergé bouddhiste et l’aristocratie mongole gouverna ensuite le pays de 1691 jusqu’au XXe siècle, sous la suzeraineté des dynasties mandchoues de Chine.

De fait, en 1616, les Mandchous, une ethnie du nord-est de la Chine, s'imposèrent à leur tour en Asie en fondant la dynastie chinoise Qing (1644-1911). Ils rallièrent les Mongols orientaux et soumirent la dynastie Ming. Les tribus mongoles occupant le territoire de l'actuelle Mongolie intérieure passèrent sous la domination de la dynastie Qing qui pratiqua une politique d'assimilation forcée. Le règne des Mandchous sur la Chine dura jusque vers 1800. Puis la corruption et le despotisme précipitèrent la chute de l'empire, la dynastie Qing s'éteignant en 1911.

3.2 La Mongolie autonome

Cette année-là (1911), les Mongols proclamèrent leur indépendance et mirent en place un gouvernement provisoire sous l'autorité de Bodg Khaan (Bodgo Gegen), le huitième «Bouddha vivant»; le pays devint la Mongolie autonome. En 1915, un accord tripartite signé à Kiakhta entre la Chine, la Russie et la Mongolie garantit son autonomie (limitée). La révolution russe bouleversa ensuite la situation. En 1919, les Chinois réoccupèrent le pays et tentèrent cette fois-ci de le coloniser.

En 1921, le Parti populaire révolutionnaire mongol fut fondé et, le 13 mars, un gouvernement provisoire fut proclamé. Une armée de volontaires, aidée par une division de l’Armée rouge, chassa en quelques mois les dernières troupes chinoises.

3.3 La République populaire de Mongolie (1924-1990)

La mort du dernier Bodgo Gegen («Bouddha vivant») permit au gouvernement provisoire de proclamer, le 26 novembre 1924, la République populaire de Mongolie, qui devint le deuxième pays communiste du monde. La ville d'Ourga fut renommée Oulan-Bator («Héros rouge»). Les dirigeants de la nouvelle république s’alignèrent sur l’URSS, décidés à transformer radicalement la société mongole. Puis le pays fut balayé par les purges staliniennes au début des années vingt. Mais la collectivisation forcée des terres et des troupeaux, l’interdiction du lamaïsme entraînèrent, en 1932, une insurrection générale qui fut réprimée par l’Armée populaire. À partir de cette année-là et jusqu'en 1951, la Mongolie fut gouvernée par le maréchal Tchoibalsan, appelé le «Staline mongol». En 1937 et 1938, sous l'initiative de Joseph Staline, le pays connut une campagne de terreur contre les monastères et les moines bouddhistes, ce qui décima près de 3 % de la population mongole. En 1940, toujours sous l'ordre de Staline, les autorités mongoles adoptèrent l'alphabet cyrillique en lieu et place de l'alphabet mongol traditionnel.

En 1939, les Japonais attaquèrent la Mongolie, mais ils furent défaits à Khalkhin-gol par les blindés du général russe Joukov. Devenue complètement dépendante de l’URSS, la Mongolie ne commença à élargir ses relations qu’à partir de 1946, lorsque le gouvernement chinois reconnut la Mongolie après la victoire de l'Armée populaire de libération chinoise qui avait permis, en 1947, la création d'une région autonome appelée la Mongolie intérieure (Heimenggu). Depuis la Révolution culturelle, la pression des Chinois han sur les Mongols, de moins en moins nombreux dans leur région autonome, n'a cessé de s'accroître. Toutefois, à la fin des années cinquante, la rupture de la Chine et de l'URSS y mit un terme. La Mongolie resta dans l'orbite de l'URSS qui, en 1961, soutint sa candidature à l’Organisation des Nations unies. Pendant presque un demi-siècle, l’URSS aura été le partenaire commercial principal de la Mongolie et son principal partenaire militaire. Environ 65 000 soldats soviétiques étaient stationnés en Mongolie; les dernières troupes de l’ancienne Union soviétique quittèrent le pays à la fin de 1992. À la fin des années quatre-vingt, plus de 10 000 ressortissants soviétiques travaillaient en Mongolie en tant qu'experts techniques, conseillers ou ouvriers spécialisés; ils constituaient une présence considérable dans certaines villes de Mongolie, ce qui favorisait l'usage de la langue russe. En 1986, encouragé par les réformes de Mikhaïl Gorbatchev, le décentralisateur mongol Jambyn Batmonkh tenta d'introduire la perestroïka et la glasnost dans son pays, mais il perdit le pouvoir en 1990.

3.3 La république de Mongolie

En mai 1990, le gouvernement modifia la Constitution pour permettre la tenue d'élections multipartites, mais les régions rurales plébiscitèrent le maintien du Parti communiste au pouvoir, ce qui permit néanmoins à l'opposition démocratique d'entrer à l'Assemblée nationale. Le pays changea de nom et devint la république de Mongolie.

- Les alphabets

La Mongolie utilisait depuis longtemps l'alphabet mongol traditionnel après avoir abandonné l'écriture phagspa. Lorsque les communistes prirent le pouvoir en Russie et fondèrent l'URSS, ils pressèrent la Mongolie d'adopter l'alphabet cyrillique. À partir de 1937, les Mongols durent employer l'alphabet cyrillique qu'ils modifièrent légèrement. En 1941, le gouvernement mongol adopta même une loi pour supprimer l’alphabet mongol traditionnel. Puis le gouvernement communiste commença une réforme en 1990 afin de promouvoir l'écriture traditionnelle dans le pays en lieu et place de l'alphabet cyrillique. En 1994 et 1995, de nouvelles résolutions parlementaire (n° 43) et gouvernementale (n° 223) mirent en place un programme destiné à répandre l'usage de l'écriture traditionnelle dans la presse et l'édition, ainsi qu'à l'introduire dans les écoles en tant que matière spécifique. De nouveaux livres scolaires furent édités afin d'enseigner l'écriture mongole à partir de la troisième année du primaire; ils étaient fondés sur des explications en alphabet cyrillique.

La victoire de la Coalition d'union démocratique aux élections législatives du 30 juin 1996 mit fin à 75 ans de règne communiste. Toutefois, après plusieurs années d'une politique de réformes et de privatisation, la pauvreté et la famine continuèrent de miner le pays. La rigueur exceptionnelle des hivers de 2001 et de 2002 remit sérieusement en cause le mode de vie des éleveurs nomades et amena le pays au bord de la crise, avec la mort de six millions de têtes de bétail en raison des températures extrêmes. La Mongolie dut alors faire appel à l’aide internationale.

- Les influences linguistiques extérieures

Au cours des années 2000, le boum minier (réserves non exploitées de cuivre, de charbon, d'or, etc.) provoqua en Mongolie une avalanche d'investissements étrangers, qui constituèrent la voie pour métamorphoser le pays des steppes et des nomades. La Mongolie fut l'objet de convoitise de la part des compagnies minières venues de partout, notamment du Canada, qui a comme affinités avec la Mongolie les grands espaces nordiques, une petite population, de puissants voisins et un sous-sol riche en ressources minières. Mais la Chine, les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, etc., se partagèrent les richesses de la Mongolie. Cette nouvelle richesse eut pour effet d'attirer les populations nomades des steppes vers la ville d'Oulan-Bator, la capitale. Ces nombreux nomades s'agglutinèrent dans des quartiers où ils connurent des problèmes d'infrastructures, de salubrité, d'alcoolisme et de violence. En même temps, les langues étrangères prirent de l'expansion, surtout le chinois et l'anglais, mais bien davantage cette langue.

La plupart des Mongols se sont mis à désirer que leurs enfants apprennent les langues étrangères le plus tôt possible, car cela représentait de nombreux avantages, dont celui de communiquer avec des citoyens du monde entier. De nos jours, beaucoup de Mongols accordent de l'importance pour leurs enfants à l’apprentissage des langues étrangères; ils s’efforcent d’envoyer leurs enfants dans des écoles privées, même à un coût élevé. De fait, de 60 000 à 70 000 enfants s’inscrivent chaque année dans des écoles primaires privées en Mongolie.

S'il est vrai que l'apprentissage d'une langue étrangère présente de nombreux avantages, il peut aussi présenter des inconvénients, dont celui de délaisser la langue maternelle. L'influence des langues étrangères, en particulier de l'anglais, a augmenté rapidement en Mongolie au cours des dernières années. Les jeunes devraient pouvoir grandir en apprenant aussi leur langue maternelle, leurs traditions, leur culture et leur histoire, afin de les transmettre à la génération suivante. Or, beaucoup d'enfants savent mieux l'anglais que le mongol, et ce, d'autant plus que l'environnement linguistique exerce une forte influence sur la compréhension qu'ont les enfants de leur patrie, de leur langue maternelle et même de l'importance et de la promotion des valeurs patriotiques. On trouve aujourd'hui en Mongolie de nombreuses bannières publicitaires écrites en langues étrangères dans la capitale.

Selon les spécialistes, les enfants devraient d'abord se concentrer sur l'apprentissage de leur langue maternelle plutôt que sur l'apprentissage d'une langue étrangère, car celle-ci peut retarder le développement de la langue maternelle de l'enfant. Il existe également des raisons scientifiques pour éviter l'apprentissage des langues étrangères dans la petite enfance, tel que l'apprentissage d'une nouvelle langue impose des contraintes cognitives supplémentaires aux enfants. 

- Les lois linguistiques

Devant l'envahissement de l'anglais et la concurrence qu'il entraîne pour la langue mongole, le gouvernement a entrepris une politique linguistique visant à protéger la langue nationale contre les «invasions étrangères» due à la mondialisation qui aurait fait régresser la langue mongole. Ce fut l'adoption de la Loi sur la langue officielle nationale en 2003. Cette langue devait être comprise comme étant «la langue de la nation», «la langue du gouvernement» et «la langue de la Cour impériale». Cette loi de 2003 demeure l'une des rares lois adoptées par un pays asiatique visant à promouvoir sa langue nationale.

C'est l'article 5 de la loi qui présente les véritables contraintes en matière de langue au sujet des activités officielle de l'État, des noms des rues, des traités internationaux, de l'enseignement, des règles de la grammaire mongole, etc. 

5 дугаар зүйл.

Төрийн албан ёсны хэлийг хэрэглэх

5.1. Монгол Улсын төрийн албан ёсны үйл ажиллагаа, сургалтыг төрийн албан ёсны хэлээр явуулна.

5.2. Монгол улсад амьдарч байгаа гадаадын иргэн, харьяалалгүй хүн Монгол Улсын төрийн байгууллагатай төрийн албан ёсны хэлээр харилцана.

5.3. Монгол улсад үйл ажиллагаа явуулж байгаа гадаад улсын дипломат төлөөлөгчийн болон олон улсын байгууллага эх хэлээрээ Монгол Улсын эрх бүхий байгууллагад хандах бол орчуулгыг хавсаргана.

5.5. Монгол Улсын хуулийн этгээдийн албан бичгийн маягт, тамга, тэмдгийн бичээсийг төрийн албан ёсны хэлээр үйлдэнэ.

5.6. Энэ хуулийн 5.5-д заасан албан бичгийн маягтыг гадаад хэлээр үйлдэх шаардлагатай бол төрийн албан ёсны хэлээр бичсэн үгийн доод талд гадаад үгийг бичиж, үсгийн хэмжээг багасгасан байна.

5.7. Хот, суурин газрын гудамж, талбайн нэр, хаяг, төрийн байгууллагын нэрийг төрийн албан ёсны хэлээр бичнэ. Эдгээр нэрийг англи хэлээр давхар бичиж болно.

5.10. Монгол улсаас гадаад оронтой байгуулах гэрээ, хэлэлцээрийг төрийн албан ёсны хэлээр үйлдсэн байна.

5.11. Монгол Улсын нэгдэн орох олон улсын гэрээ, конвенцийг төрийн албан ёсны хэлээр орчуулсан байна.

5.12. Энэ хуулийн 5.9-д заасан хурал, семинар, зөвлөлгөөн, хэлэлцээрийн тэмдэглэл, хэлсэн үг зэрэг албан ёсны баримт бичгийг төрийн албан ёсны хэлээр орчуулж баримтжуулна.

5.13. Бүх шатны боловсрол олгох сургалтыг төрийн албан ёсны хэлээр явуулна. Энэ заалт үндсэн ба мэргэжлийн сургалтаа гадаад хэлээр явуулдаг сургалтын байгууллагад үл хамаарна.

5.14.Суралцагчид /Монгол Улсын иргэн/-ын дийлэнх олонхи нь хүн амын өөр хэл бүхий үндэсний цөөнх байвал сургалтыг тухайн хэлээр явуулж болно.

5.15. Энэ хуулийн 5.14-т заасан суралцагчдад боловсролын асуудал эрхэлсэн төрийн захиргааны төв байгууллагын баталсан хөтөлбөрийн дагуу төрийн албан ёсны хэлний мэдлэгийг эзэмшүүлнэ. Казах иргэдэд үндэсний болон төрийн албан ёсны хэлийг зааж сургахад дэмжлэг үзүүлнэ.

5.16. Төрийн албан ёсны хэлээр гарч байгаа олон нийтэд зориулсан хэвлэл, мэдээлэл нь орчин цагийн монгол утга зохиолын хэлний хэм хэмжээ, нэр томъёог баримтална.

5.17. Төрийн албан хаагч, олон нийтийн хэвлэл, мэдээллийн ажилтан нь монгол хэлний хэм хэмжээ, нэр томъёог хэрэглэх зохих түвшний мэдлэг, чадвартай байна.

5.18. Төрийн албан ёсны хэлэнд дүйх үг, нэр томъёо байхад гадаад үг, нэр томъёо хэрэглэхийг хориглоно.

Article 5

Emploi de la langue officielle

5.1 Les activités officielles et l'éducation doivent se dérouler dans la langue officielle de l'État.

5.2 Tout citoyen étranger et tout apatride vivant en Mongolie doivent communiquer avec les autorités de l'État mongol dans la langue officielle de l'État.

5.3 Si un représentant diplomatique étranger ou une organisation internationale œuvrant en Mongolie communique avec les autorités compétentes de la Mongolie, la traduction en sera fournie.

5.5 Les lettres, les timbres et les sceaux officiels des personnes morales mongoles doivent être rédigés dans la langue officielle de l'État.

5.6 Si une langue étrangère est nécessaire pour la correspondance officielle visée à l’article 5.5 de la présente loi, celle-ci doit être rédigée dans la langue officielle de l’État et sa taille réduite.

5.7 Le nom et l'adresse des rues et des quartiers d'une ville, ainsi que les noms des autorités publiques, doivent être dans la langue officielle de l'État. Ces informations peuvent être écrites également en anglais.

5.10 Les accords et traités conclus entre des pays étrangers et la Mongolie doivent être adoptés dans la langue officielle de l’État.

5.11 Les traités et conventions internationaux dont la Mongolie est signataire doivent être traduits dans la langue officielle de l’État.


5.12 Les documents officiels tels que les assemblées, les séminaires, les conférences, les documents de négociation et exposés mentionnés au paragraphe 5.9 de la présente loi doivent être traduits et documentés dans la langue officielle de l’État.

5.13 Tous les niveaux d'enseignement doivent être offerts dans la langue officielle de l'État. Cette disposition ne s'applique pas à l'éducation fondamentale et à la formation professionnelle dans des langues étrangères.

5.14 Si la majorité des élèves (citoyens mongols) font partie d'une minorité ethnique parlant une langue différente, l'instruction peut être donnée dans cette langue.


5.15 Les élèves visés à l’article 5.14 de la présente loi doivent posséder une connaissance de la langue officielle, conformément au programme approuvé par l’organisme administratif central de l’État chargé des questions d’éducation. Il faut aider les citoyens kazakhs à enseigner la langue nationale officielle.

5.16 Les publications accessibles au public dans la langue officielle doivent respecter les règles et la terminologie de la littérature mongole contemporaine.

5.17 Les fonctionnaires et les responsables des médias publics doivent posséder des connaissances et une capacité suffisantes pour utiliser les règles et la terminologie mongoles.

5.18 Il est interdit d'utiliser des mots ou des termes étrangers dans les mots et termes de la langue officielle de l'État.

La Loi sur la langue officielle nationale de 2003 («langue officielle de l'État») avait pour objet de réglementer les relations en matière d’usage des règles et des termes de la langue mongole, la langue officielle nationale, et de régir les relations liées à son emploi dans les activités de la fonction publique et de garantir l’unité de la Mongolie. Cette loi ne réglementait pas la langue en tant qu'instrument fondamental de la société mongole. Elle limitait l'usage de la langue mongole au niveau de la fonction publique. Elle concernait avant tout les fonctions et les lois de l'État, telles que l'application, la protection, le développement, les règles de la langue mongole et leur adoption. Étant donné que la loi contenait de nombreuses lacunes, le gouvernement a présenté en 2014 une nouvelle version de loi sur la langue mongole.

Cette loi de 2003 a donc été profondément modifiée lors de l'adoption de la Loi sur la langue mongole de 2015. En fait, cette loi de 2015 comprend des dispositions concernant l'emploi de langue mongole, l'alphabet et l'écriture correcte de la langue mongole, dont le dictionnaire, ainsi que les organismes de l'État et les instances autonomes locales, le rôle de l'entité juridique, le rôle du Conseil national de la politique linguistique, les langues dans l'enseignement, les infractions à la loi, etc.

En fait, le gouvernement veut redonner à la langue nationale son rôle dans les institutions publiques et les établissements d'enseignement, son intégrité dans l'alphabet, l'orthographe et le vocabulaire. Le gouvernement désire redresser la situation qui a fait en sorte que la langue mongole a perdu de son prestige. Bref, on croit que chaque Mongol devrait devenir un citoyen patriote qui comprend bien l’importance de sa langue maternelle et de sa patrie avant d’apprendre une autre langue ou une autre culture.

4 La politique linguistique

Comme dans bien d'autres États satellites de l'URSS, la Mongolie a tenté d'élaborer une politique linguistique nationaliste. La réforme de l'écriture en est une manifestation. Toutefois, le traitement de la question linguistique ne semble pas prioritairement ressenti par les populations de Mongolie comme revêtant un caractère «national» comparable à ce qui s’est fait dans les pays de l'ex-URSS ou en Chine. Il n’a jamais existé, en Mongolie, d’entités territoriales nationales (y compris l’aimag de Bayan Ölgii où réside l’essentiel des Kazakhs de Mongolie). Ceci tient à un premier fait: la plupart des groupes «minoritaires» sont eux-mêmes mongols (Oirads, Bouriats, etc.) et se perçoivent comme tels, même si les différences dialectales sont elles-mêmes repérées. Il faut dire aussi que l’ensemble de la Mongolie actuelle et de la Mongolie intérieure a fait l’objet, entre les XVIIe et le XXe siècles, d’une administration unifiée dans l’empire mandchou, au sein duquel la gestion des régions les plus disparates de l’Ouest était assurée par des fonctionnaires délégués à tour de rôle dans les régions orientales. Il n’existe pas, dans ces conditions, de «droits linguistiques» spécifiques pour les minorités en Mongolie. Il semble aussi que la maîtrise du khalkha soit un fait massif et bien établi, qui ne soulève guère de passions particulières. ll n'en demeure pas moins que les Mongols ont toujours privilégié leur langue nationale, la variété khalkha érigée en langue officielle. 

4.1 La langue officielle et l'écriture mongole

L'article 8 de la Constitution de 1992 proclame ce caractère officiel de la langue mongole:

Article 8

Langue

1) La langue mongole est la langue officielle de l'État.

2) Le paragraphe 1 n'entrave pas le droit des minorités nationales parlant une autre langue maternelle de l'employer dans l'éducation, la communication et dans la poursuite de leurs activités culturelles, artistiques et scientifiques.

Rien n'est indiqué dans la Constitution de quelle variété de langue mongole il s'agit. Dans les faits, la langue officielle est le khalkha, bien que ce terme ne soit repris nulle part dans les textes juridiques, y compris dans la Loi sur la langue mongole de 2015.  Dans cette loi, on n'emploie que les expressions «langue mongole» (mongol khelnii = Монгол хэлний), «langue officielle» (töriin alban yosny khel = төрийн албан ёсны хэл) ou parfois «langue nationale» (ündesnii khel = үндэсний хэл). L'expression qui revient la plupart du temps est «langue mongole».

En Mongolie, la question linguistique est souvent reliée à l'écriture ou à l'alphabet. Depuis le début des années 1990, cette question a connu des bouleversements dus à la réintroduction de l'écriture mongole traditionnelle. Une réforme commencée en 1990 visait à promouvoir cette écriture en Mongolie, mais la réforme a quelque peu échoué, car elle n'a pu éliminer l'alphabet cyrillique imposée par l'Union soviétique. Les tentatives pour imposer l'alphabet traditionnel mongol dans la presse et l'édition, ainsi que dans les écoles n'ont pas donné le résultat escompté.

Depuis 1994, le gouvernement semblait avoir abandonné sa politique visant à adopter l'écriture mongole traditionnelle comme écriture officielle. En effet, les rares titres de presse publiés en écriture mongole ne sont plus disponibles sur les stands de presse de la capitale mongole, la plupart ne diffusant que des titres en alphabet cyrillique. La publicité apparaît même en alphabet latin en raison de l'usage de l'anglais. Aujourd'hui, la place de l'écriture mongole semble se limiter à sa principale phase d'extension du début des années 1990. Les nouvelles plaques de noms de rue, et surtout dans l'ensemble de l'affichage réalisé à des fins commerciales, les annonces de spectacle sont rédigées en cyrillique. Les plaques des bâtiments sont en alphabet cyrillique si elles sont unilingues, en cyrillique et en latin (anglais) lorsqu'elles sont bilingues.

En somme, l'alphabet mongol en est réduit à un usage symbolique et ornemental, qui n'a guère de place dans la vie quotidienne en Mongolie. Mais c'est une question d'identité nationale. Dans la Loi sur la langue mongole, l'article 4.1.3 décrit «l'écriture nationale» comme «l'écriture traditionnelle mongole», mais la loi est rédigée en alphabet cyrillique. L'article 7 de la loi est consacré à l'alphabet:

Article 7

Utilisation de l'alphabet

7.1 Les organismes autonomes des États et des collectivités locales et les personnes morales doivent procéder avec l'écriture cyrillique officielle.

7.2 Les organismes autonomes des États et des collectivités locales doivent procéder par écrit à la gestion de leurs affaires officielles et de leurs affaires nationales sur la base de la mise en œuvre du programme national écrit énoncé à l'article 11.1.2 de la présente loi.

7.3 Dans le cas des élèves de toutes les formes d’enseignement général, l’écriture nationale doit être employée dans un programme spécial à partir de la sixième année dès le début du programme scolaire.

Le paragraphe 3 précise bien que l'écriture nationale traditionnelle doit être enseignée dans un programme spécial à partir de la sixième année du primaire, ce qui implique l'acquisition de deux alphabets avec le cyrillique qui est d'usage courant.

La Loi sur la langue mongole (2015) ne contient aucune disposition prévoyant la cessation de l’emploi du cyrillique. Il est clairement indiqué que l’écriture mongole doit être ajoutée à l’usage actuel du cyrillique. L'écriture mongole traditionnelle sera introduite par étapes et les gouvernements de l'État et des collectivités locales doivent gérer leur correspondance en écriture cyrillique et en écriture mongole. Cette disposition doit entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2025. Les cartes d’identité, les certificats de naissance, de mariage et de décès, ainsi que les certificats d’études doivent être rédigés à la fois en écriture cyrillique et en écriture mongole.

4.2 La langue de la législation et des tribunaux

La langue de la législation est le mongol. C'est dans cette seule langue que les lois sont discutées, rédigées et promulguées. À partir du 1er janvier 2015, les lois devront être imprimées en alphabet mongol traditionnel. Le Parlement a comme nom le Grand Khoural d’État. Il est composé de 76 membres élus pour quatre ans au scrutin majoritaire plurinominal dans 26 circonscriptions. Le Parlement peut être dissous par le président de la République ou si les deux tiers des parlementaires votent en faveur d'une dissolution. De nouvelles élections sont également convoquées si le premier ministre ou la moitié des ministres du gouvernement démissionnent.

Selon la Loi sur la langue mongole de 2015, le Grand Khoural d’État a certaines obligations en ce qui concerne la langue mongole:

Article 10

Le Grand Khoural d'État de Mongolie

Le Grand Khoural d'État a les obligations suivantes en ce qui concerne la connaissance, l’emploi, la protection et le développement de la langue et des textes mongols:

10.1.1 Déterminer la politique de l'État en matière de connaissance, d'emploi, de protection et de développement de la langue et des littératures mongoles;

10.1.2 Créer des garanties politiques et économiques pour l’emploi, la protection et le développement de la langue et de l’alphabet mongols;

10.1.3 Surveiller l'application de la législation relative à la connaissance, à la protection et au développement de la langue mongole;

10.1.4 Toute autre obligation prévue par la loi.

En matière de justice, l'article 14 de la Constitution interdit la discrimination basée sur la langue:

Article 14

Égalité, droit à la personnalité

1)
Quiconque réside légalement en Mongolie est égal devant la loi et les tribunaux.

2) Nul ne peut subir de discrimination sur la base de l'origine ethnique, la langue, la race, l'âge, le sexe, l'origine ou le statut social, la propriété, la fonction, la profession ou le métier, la religion, des opinions ou de l'éducation. Chaque citoyen est une personne aux yeux de la loi.

De façon générale, l'article 53 de la Constitution de 1992 précise que la langue des procès est le mongol:

Article 53

Langue des tribunaux

1) Les procès devant les tribunaux doivent se dérouler en langue mongole.

2) Quiconque ignore le mongol est mise au courant tous les faits de la procédure par la traduction et a le droit d'employer sa langue maternelle au cours du procès.
 

Le paragraphe 2 énonce que quiconque ignore le mongol a le droit d'employer sa langue maternelle grâce à un interprète, la langue de la procédure demeurant le mongol officiel. La Loi sur les tribunaux (19 septembre 1994) est aussi précise à ce sujet:

Article 19

Égalité devant la loi

Tout citoyen de Mongolie est égal devant la loi et les tribunaux sans distinction de nationalité, de langue, de race, d’âge, de sexe, d’origine ou de statut social, de propriété, de fonction, métier ou profession, de religion, d'opinions personnelles, d'instruction ou d'autres conditions, affaires et organisations, sans tenir compte du type de propriété ou de la compétence.

Article 21

Langue de la procédure judiciaire

1) La procédure judiciaire sera conduite dans la langue mongole.

2) Quiconque ignore le mongol a le droit de prendre connaissance de tout le matériel relatif à un cas grâce à l'aide d'un interprète et d'employer sa langue maternelle pendant le procès et recourir aux services d'un interprète.

L'article 5 du Code pénal (2002) reconnait l'égalité entre tous les justiciables:

Article 5

Principe de l'égalité devant la loi et les tribunaux

5.1. Un coupable dont la culpabilité a été reconnue par la cour doit faire l'objet d'une responsabilité pénale, indépendamment de son origine ethnique, de sa langue, de sa race, de son âge, de son sexe, de son origine et statut social, de sa fortune, de son occupation officielle, de sa religion, de ses opinions, de ses croyances et de son instruction.

En fait, la plupart des membres des minorités nationales ne peuvent pas recourir à des dispositions lorsqu'ils se retrouvent devant un tribunal. Ces mesures sont destinées uniquement aux étrangers, non aux autochtones qui doivent connaître la langue officielle. Autrement dit, le procès ne se déroule pas dans la langue étrangère, mais au moins les ressortissants étrangers peuvent se faire comprendre.

4.3 La langue de l'Administration

Le gouvernement mongol a mis en œuvre un programme de restructuration de l’Administration publique, de décentralisation et de redéfinition des relations entre les autorités locales et nationales. Les administrations et les conseils locaux ont ainsi une plus grande autonomie et des responsabilités accrues en matière d’information, de perception des impôts locaux et d’allocation des ressources budgétaires nationales et locales. Cette restructuration devrait favoriser l'emploi des langues minoritaires, car la centralisation avait imposé le seul usage du mongol khalkha.

- L'acquisition de la citoyenneté

L'article 9 de la Loi sur la citoyenneté (1995) impose comme condition à l'octroi de la citoyenneté mongole le connaissance de la langue officielle de l'État, donc le mongol khalkha:

Article 9

Conditions pour l'acquisition de la citoyenneté mongole

Les conditions suivantes doivent être respectées afin d'acquérir la nationalité mongole :

2) il faut avoir une connaissance appropriée des coutumes mongoles et de la langue officielle de l'État, tout en étant résident permanent en Mongolie depuis cinq ans avant la date de la demande pour l'acquisition de la citoyenneté ;

- Les exigences dans l'emploi de la langue mongole

Dans la Loi sur la langue mongole (2015), l'article 6 énonce les paramètres de l'emploi de la langue mongole dans l'administration publique:

Article 6

Emploi de la langue mongole

6.1 Sur le territoire de la Mongolie, les affaires et les activités commerciales suivantes doivent se faire dans la langue mongole:

6.1.1 La gestion des organismes autonomes et des entités juridiques de l'État et des collectivités locales;

6.1.2 La formation de tous les niveaux d’enseignement autres que ceux offerts par un établissement dans une langue étrangère, conformément à une autorisation prévue par l’État;

6.1.3 Les archives de toutes les procédures judiciaires et des archives pertinentes;

6.1.4 Les traités internationaux de la Mongolie;

6.1.5. La correspondance officielle à envoyer en Mongolie depuis un pays étranger et des missions diplomatiques;

6.1.6 Le certificat de nationalité de la Mongolie, les actes de naissance et de mariage, le passeport national et les documents d’enseignement;

6.1.7 Le nom et l'adresse du territoire, d'une unité administrative, d'une rue, d'une route, d'une place ou d'une personne morale;

6.1.8 L'adresse, la lettre du destinataire, l'adresse de l'expéditeur sur le territoire de la Mongolie;

6.1.9 Les informations et les brochures publiées par les organismes autonomes de l'État et par les municipalités;

6.1.10 Les avis publics;

6.1.11 Les instructions, les informations et les rappels de sécurité à placer dans les bureaux, les bâtiments et les transports en commun.

La Mongolie compte plusieurs niveaux administratifs. Le pays est divisé en 21 aïmags («provinces»), eux-mêmes partagés en un certain nombre de soums pour un total de 315. Rappelons qu'un soum désigne à la fois le district et la ville de ce district. La capitale Oulan-Bator est administrée séparément comme un district fédéral. À la tête de chacune de ces entités administratives, on trouve un gouverneur. L'article 17 de la Loi sur la langue mongole (2015) précise les responsabilités des gouverneurs en matière de langue:

Article 17

Les gouverneurs des aïmags, de la capitale, des soums et des districts

17.1 Les gouverneurs des aïmags, de la capitale, des soums et des districts exercent les fonctions suivantes:

17.1.1 Veiller à l'application de cette loi sur le territoire de la Mongolie, coordonner les activités qui s'y rapportent et en surveiller l'application;

17.1.2 Organiser les travaux des organismes, du domaine public et de la correspondance relevant de la juridiction de la Mongolie dans les documents écrits en cyrillique et dans la langue nationale;

17.1.3. Prévoir des incitations pour les citoyens et les personnes morales pour lancer des initiatives visant à diffuser les textes dans l'écriture nationale;

17.1.4. Toute autre obligation prévue par la loi.

L'article 12 de la Loi sur la langue mongole (2015) suppose qu'une personne qui désire être employée dans la fonction publique doit maîtriser la langue mongole:

Article 12

Le Conseil de la fonction publique

12.1 Le Conseil de la fonction publique a les obligations suivantes:

12.1.1 Procéder à l'examen de la langue mongole parlée par un citoyen qui entre dans la fonction publique, conformément au contenu approuvé par les autorités compétentes et énoncé à l'article 21.1 de la présente loi;

12.1.2 Toute autre obligation prévue par la loi.

En vertu du paragraphe 6.4, les autorités locales des organismes autonomes doivent prendre la décision concernant la désignation des noms étrangers relatifs à un lieu, une rue, une route et une place publique:

Article 6.4

Les autorités locales des organismes autonomes doivent prendre la décision concernant la désignation des noms étrangers relatifs à un lieu, une rue, une route et une place avec les autorités compétentes définie à l'article 21.1 de la présente loi.

En vertu de l'article 18 de la Loi sur les médicaments et les dispositifs médicaux (2010), les instructions relatives à l’utilisation des médicaments doivent être en langue mongole et contenir certaines informations pertinentes:

Article 18

Étiquetage et marquage médicaux

18.5 Les instructions relatives à l’utilisation des médicaments doivent être
en langue mongole et contenir les informations suivantes:

18.5.1 Le nom et l'adresse officielle du fabricant;
18.5.2 Le nom commercial et le nom international;
18.5.3 La composition, le dosage et la taille;
18.5.4 Les indications d'emploi;
18.5.5 Les interdictions d'emploi;
18.5.6 Les effets secondaires;
18.5.7 Les interactions avec d'autres médicaments;
18.5.8 Le mode d'emploi;
18.5.9 La période de validité;
18.5.10 Les avertissements et les conditions d'entreposage;
18.5.11 Les conditions d'emploi.

Cette loi de 2010 s'apparente à une loi sur la protection du consommateur. Une telle loi existe pourtant depuis 2003, mais elle ne mentionne pas comme exigence la présence de la langue mongole. Elle reconnaît cependant que le consommateur doit avoir accès à des informations précises sur les biens et les services d'un produit. Quant à la Loi sur la langue mongole (2015), elle prévoit à l'article 18 que l’organisme administratif de l’État chargé des droits des consommateurs a l'obligation de surveiller l'application de la loi et résoudre les infractions de la part de la société concernée.

- Les sanctions administratives

L'article 23 de la Loi sur la langue mongole prévoit des sanctions pour les infractions à la loi, mais celles-ci correspondent à des amendes destinées aux fonctionnaires et aux personnes morales, et non pas aux citoyens mongols:

Article 23

Sanctions administratives infligées aux personnes qui enfreignent la Loi sur la langue mongole

23.1 Tout fonctionnaire qui enfreint les dispositions pertinentes de la présente loi est passible d’une amende égale à 5 à 10 fois le salaire minimum mensuel du travail et la personne morale respectivement de 15 à 20 fois le salaire minimum mensuel.

23.2 Toute personne morale qui a enfreint les articles 6.1.7, 6.1.8, 6.3, 7.2, 16.1.1 et 16.2 de la présente loi et n'a pas pris de mesures pour éviter l'infraction, conformément à la décision des autorités compétentes, et si cette effraction est répétée plus de deux fois, la licence de cette entité doit être révoquée.

Étant donné que le salaire moyen en Mongolie est d'environ 320 euros/mois (en France: 2998 euros bruts/mois), une amende de 5 à 10 fois le salaire minimum mensuel est très élevée. Pour le citoyen ordinaire, la seule obligation est de «se conformer aux règles de la langue mongole» (art. 20.2.1).

Bien que la langue officielle continue de dominer dans le pays, l'emploi des langues locales dans l'administration des aïmags («provinces) est possible à l'oral, de même que l'anglais, voire occasionnellement le russe dans les régions du Nord. Beaucoup d'étrangers, surtout des Américains, sont présents dans certaines régions et ils assument le rôle de conseillers techniques auprès du gouverneur d'un aïmag; ils emploient l'anglais, ce qui occasionne un effet d'entraînement pour l'expansion de cette langue. Bien que de nombreux hommes d'affaires et fonctionnaires du gouvernement en Mongolie parlent l'anglais, ils organisent la plupart des assemblées en mongol. Quoi qu'il en soit, en dehors d'Oulan-Bator, peu de Mongols parlent une langue étrangère.

- Les langues étrangères

Selon la Loi sur la langue mongole, les langues étrangères (2015) peuvent être utilisées conformément aux besoins et aux exigences en matière de relations internationales, notamment en ce qui a trait à la correspondance officielle et les traités internationaux avec des pays étrangers ou des missions diplomatiques:

Article 6.2

Les langues étrangères peuvent être utilisées conformément aux besoins et aux exigences en matière de relations internationales pour la tenue des registres officiels et des opérations commerciales spécifiées aux articles 6.1.4 à 6.1.6 et 6.1.9 à 6.1.11 de la présente loi.

Article 6.6

Les missions diplomatiques étrangères et les organismes internationaux résidant en Mongolie doivent être accompagnées d'une traduction de la langue mongole vers une langue étrangère pour un citoyen mongol.

4.4 Les prescriptions relatives au code linguistique

En Mongolie, le Conseil national de la politique linguistique (National Council on Language Policy) est responsable de la protection et du développement de la langue mongole auprès de la présidence de la Mongolie. Sa mission porte sur deux aspects de la langue: d'une part, la politique concernant la langue mongole dans son rôle social et administratif, ainsi que celle des groupes ethniques minoritaires, d'autre part, les aspects reliés à la langue elle-même, que ce soit les règles de l'écriture cyrillique, l'élaboration du lexique, la terminologie étrangère, l'intégration de nouveaux mots, la toponymie, etc. Voici les attributions dévolues au Conseil national de la politique linguistique en vertu des articles 21.7 de la Loi sur la langue mongole:

21.7 Les attributions du Conseil sont les suivantes:

21.7.1 Élaborer une politique relative à l’application, à la protection et au développement de la langue et de l'alphabet mongols, et la soumettre au président de la Mongolie;

21.7.2 Élaborer et mettre en œuvre des politiques visant à élargir, protéger et développer la langue parlée des groupes ethniques minoritaires et des communautés mongoles, puis étendre et soutenir la langue, l’alphabet, l’éducation et la recherche en mongol dans les pays étrangers et les soumettre au président de la Mongolie.

21.7.3 Examiner et approuver les règles sur l'écriture cyrillique élaborées par les autorités scientifiques compétentes, telles qu'elles sont énoncées à l’article 22.1, ainsi que leurs modifications;

21.7.4 Réviser et approuver le vocabulaire et les dictionnaires de termes en cyrillique, ainsi que les dictionnaires des textes fondés sur les conclusions des autorités compétentes spécifiées au paragraphe 22.1 de la présente loi;

21.7.5 Discuter et approuver de nouveaux termes du vocabulaire mongol résultant de la traduction de la terminologie étrangère élaborés par des instituts de recherche agréés énoncés à l’article 22.1 de la présente loi;

21.7.6 Soumettre des propositions et des conclusions aux autorités locales autonomes sur la question de savoir s'il convient de placer des noms étrangers sur un lieu, une rue, une route ou un square;

21.7.7 Examiner et approuver le contenu de l'évaluation de la connaissance de la langue mongole par un citoyen qui est embauché dans la fonction publique, comme le prévoient les autorités compétentes désignées à l'article 13 de la présente loi;

21.7.8 Examiner et approuver le programme d'interprétation et les règles correctes en matière de rédaction des erreurs concernant l'écrit ure cyrillique sur la base des conclusions des autorités compétentes spécifiées au paragraphe 22.1 de la présente loi;

21.7.9 Surveiller et évaluer si les organismes gouvernementaux et ceux des médias respectent les règles de la langue mongole;

21.7.10 Évaluer chaque année l’application de la présente loi et en rendre compte au président de la Mongolie;

21.7.11 Recevoir des informations sur les infractions et l'application de la présente loi, et les transmettre aux autorités compétentes;

21.7.12 En collaboration avec les organismes de recherche compétents mentionnés à l'article 22.1 de la présente loi, promouvoir et diffuser la langue et l'alphabet mongols auprès du public.

L'article 6.5 traitait déjà de la terminologie scientifique:

Article 6.5

La terminologie scientifique à tous les stades de la formation et de la recherche doit être traduite en mongol.

Quant à l'article 8 de la Loi sur la langue mongole, il réglemente les règles d'écriture et la réfection du dictionnaire mongol:

Article 8

Règle d'écriture correcte et dictionnaire de la langue mongole

8.1 Il doit exister une règle uniforme pour les écritures cyrilliques et nationales dans toute la Mongolie, et les citoyens et les personnes morales doivent se conformer à ces règles.

8.2 Les règles régissant la rédaction de l'alphabet et des textes nationaux sont déterminées par l'organisme de recherche compétent, défini à l'article 22.1 de la présente loi, et adopté par les autorités de l'organisme compétent prévu à l'article 21.1.

8.3 L’organisme de recherche agréé visé à l’article 22.1 de la loi doit réviser le dictionnaire en alphabet cyrillique et les d'origine règles prescrites, et recevoir l’approbation des autorités compétentes visées à l’article 21.1.

Bien que la Mongolie ait introduit un nouveau système d'écriture en adoptant formellement l'alphabet cyrillique mongol en 1941, la question de la normalisation de l'orthographe fut par la suite abandonnée. Plus tard, en 1983, un éminent linguiste mongol, Tsendiin Damdinsüren (1908-1986), publia en cyrillique mogol moderne un dictionnaire contenant quelque 18 000 entrées de mots. Il écrivit aussi plusieurs études littéraires ainsi qu'une traduction de L'Histoire secrète des Mongols ("mongγol-un niγuca tobciyan"); c'est lui qui rédigea le texte de l'hymne national de la Mongolie («Notre pays, inébranlable et indépendant»: Darkhan manai tusgaar uls) en remplacement de la version russe de l'Internationale Communiste adoptée en 1924. Les paroles de l'hymne national mongol de 1983 ont été modifiées en 2006.

Cependant, depuis 1983, la langue mongole a continué, notamment avec l'apport des langues modernes comme le russe, l'anglais ou le chinois. Bref, il s'est écoulé plus de trente-cinq ans depuis la dernière réfection du dictionnaire mongol de la part de Tsendiin Damdinsüren, tandis que de nombreux nouveaux mots sont entrés dans la langue mongole.

En 2018, le Conseil national de la politique linguistique a publié le Dictionnaire réglementaire des règles d'orthographe de la langue mongole (Монгол хэлний зөв бичих дүрмийн журамласан толь: Mongol khelnii zöv bichikh dürmiin juramlasan toli) sous l'égide la la présidence de la Mongolie. La publication de ce dictionnaire revêt une grande importance pour la culture mongole et pour son emploi en mongol. Ce nouveau dictionnaire contient plus de 30 000 mots; il traite de l'orthographe des mots, de leur fréquence, des abréviations et des locutions.

À compter de la publication du dictionnaire, tous les citoyens, les fonctionnaires, les universitaires, les experts, les maisons d'édition et les bureaux de presse de la Mongolie sont tenus de l'utiliser et de s'y conformer à travers leurs activités quotidiennes. Plus précisément, quels que soient les intérêts, les convictions et les opinions personnelles de chacun, les règles d'orthographe doivent être respectées scrupuleusement à l'échelle nationale. Lors de la cérémonie de publication, le président de la Mongolie a déclaré que tous les citoyens du pays doivent considérer ce dictionnaire «comme une réglementation officielle du gouvernement». Selon ses propres mots, le dictionnaire est «un document qui doit être respecté comme une constitution». Le dictionnaire est disponible gratuitement en ligne par tous les appareils numériques en version PDF.

Le gouvernement croit que les fautes d'orthographes dans les mots mongols ne seront dorénavant plus acceptables, et ce, non seulement pour les gens instruits, mais pour tous les citoyens du pays.

De plus, les commissions terminologiques de l'État mongol traduisent et créent en permanence de nouveaux mots en mongol de sorte que le lexique mongol possède désormais de nombreux mots chinois, persans, russes, anglais, allemand, etc. Malgré la diversité des mots d'emprunt, la langue mongole officielle, la variété khalkha, conserve jusqu'à 95 % de ses mots d'origine, ce qui contraste, par exemple, avec l'anglais dont les termes étrangers sont d'environ 60%.

4.5 Les langues d'enseignement

Le système d'éducation mongol a subi de profonds changements au XXe siècle. Les réformes de l’éducation à l’époque du communisme constituaient une rupture radicale avec l’enseignement traditionnel, souvent religieux et ésotérique. Ces réformes s'inspiraient du système d'éducation soviétique et élargissaient considérablement l'accès à l'éducation des citoyens mongols. Parmi les changements, il y eut une transition de l'écriture mongole traditionnelle, de 1941 à 1946, vers l'alphabet cyrillique. L'alphabétisation s'est considérablement développée en raison de l'école primaire gratuite. Cependant, le passage à la démocratie et aux marchés libres dans les années 1990 a eu des effets négatifs sur l’éducation en Mongolie, bien que les problèmes aient été atténués grâce à une amélioration de l’économie et à des réformes politiques. De nombreux adultes bénéficient des programmes d'éducation à distance non formels parrainés par le gouvernement en collaboration avec des ONG étrangères. Aujourd'hui, l'éducation en Mongolie est supervisée par le ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sciences.

- Le système d'éducation

La Mongolie possède un système d'éducation préscolaire étendu et financé par l'État. Il existe plus de 700 jardins d’enfants publics et privés, c'est-à-dire des garderies qui accueillent des enfants de plus de trois ans; la langue d'enseignement est le mongol khaljah. À Oulan-Bator, il existe des écoles maternelles et des jardins d'enfants privés; beaucoup offrent une formation initiale en russe ou en anglais.

L’enseignement est obligatoire pour tous les enfants âgés de six à seize ans. Dans les écoles primaires, la langue mongole constitue l'objet central de l'enseignement. N'oublions pas que la Mongolie est le seul État au monde ayant comme langue officielle le mongol. Comme dans de nombreux ex-pays socialistes, le système scolaire mongol, qui reposait auparavant sur l’école de dix ans, s’oriente maintenant vers l’enseignement de douze ans. L'âge officiel d'entrée à l'école a été abaissé à six ans depuis 2008. L'enseignement obligatoire est de neuf ans.

La Loi sur l'éducation (2006) prévoit un enseignement dans la langue maternelle des citoyens mongols:

Article 5.1.4

Les citoyens mongols doivent avoir toutes les mêmes chances de recevoir un enseignement dans leur langue maternelle et ne doivent pas faire l'objet de discrimination en matière d'éducation fondée sur la race, la conviction, l'âge, le sexe, le statut social, la situation économique, la situation professionnelle, la religion ou l'opinion.

Article 30.1

L'aïmag et le gouverneur de la ville doivent exercer les pleines compétences suivantes en matière d’éducation:

Article 30.1.1

Organiser l'application des lois et des règlements relatifs à l'éducation.

Article 30.1.12

Organiser des travaux pour les mineurs nationaux afin d'apprendre la culture et les traditions traditionnelles et d'en hériter, et de communiquer dans sa langue maternelle dans le milieu scolaire.

Cependant, l'article 16 de la Loi sur la langue mongole prescrit des cours de langue mongole dans les établissements d'enseignement général:

Article 16

Les établissements d'enseignement général

16.1 Les établissements d'enseignement général exercent les fonctions suivantes:

16.1.1 Donner des cours de langue en mongol et dans les matières littéraires nationales conformément aux programmes, aux contenus et aux normes approuvés par l'organisme compétent;

16.1.2. Toute autre obligation prévue par la loi.

Quant à la Loi sur l'enseignement primaire et secondaire (2002), elle ne donne que des contenus généraux, sans préciser de langue en particulier :

Article 4

Contenu de l'enseignement primaire

Le contenu de l'enseignement primaire vise à atteindre les objectifs suivants:

4.1.1.
Parler correctement, exprimer expressément sa pensée, lire et écrire;

4.1.4. Acquérir des connaissances et des compétences correspondant au niveau approprié de
l'alphabétisation
, de l'aide humanitaire, du progrès national, des coutumes, du patrimoine culturel et de l'hygiène;

4.2 Les premières connaissances des langues étrangères et la connaissance des informations pouvant être fournies dans le contexte de l'enseignement primaire.

Article 5

Contenu de l'enseignement fondamental

5.1 Le contenu de l'enseignement fondamental et le suivant:

5.1.1 Fournir les compétences et les aptitudes nécessaires pour vivre de manière indépendante sur la base des connaissances, des compétences et des capacités de la langue maternelle et des langues étrangères, des mathématiques, de la science de l'information, des sciences et du droit;

Article 6

Contenu de l'enseignement secondaire

6.1 Le contenu de l'enseignement secondaire est le suivant:

6.1.1 Trouver le sens des textes écrits, développer des compétences orales et la connaissance des langues étrangères;

Les dispositions de la loi introduisent l’écriture mongole traditionnelle à partir de la 6e année, une fois que les enfants ont bien maîtrisé l'alphabet cyrillique. Aujourd'hui, chaque école secondaire dispose de classes en écriture mongole traditionnelle. De façon générale, on peut noter un nombre insuffisant d'enseignants dans le système scolaire, de maigres ressources financières allouées à l'éducation et un manque d'équipements dans les salles de classe. 

Dans les universités mongoles, le mongol et l'anglais constituent les deux langues d'enseignement. Sous le régime soviétique, le russe prenait une part importante comme langue d'enseignement, surtout lorsque les professeurs venaient de l'Union soviétique. Aujourd'hui, les professeurs étrangers n'utilisent plus que l'anglais. Pour poursuivre des études universitaires, les étudiants doivent maîtriser deux langues: le mongol khalkha et l'anglais. En outre, les candidats à l'enseignement supérieur doivent obligatoirement réussir l'examen en langue mongole, dont un quart de celui-ci est rédigé en écriture mongole traditionnelle.

- Les minorités nationales

La Mongolie se développe rapidement, mais les minorités ethnolinguistiques sont restées grandement désavantagées. Le paragraphe 2 de l'article 8 de la Constitution permet à celles-ci d'employer leur langue maternelle dans l'éducation primaire:

Article 8

Langue

1) La langue mongole est la langue officielle de l'État.

2)
Le paragraphe 1 n'entrave pas
le droit des minorités nationales parlant une autre langue maternelle de l'employer dans l'éducation, la communication et dans la poursuite de leurs activités culturelles, artistiques et scientifiques.

Ce droit à l'éducation ne s'appliquerait que pour les minorités kalmouks, kazakhs, bouriates, chinoises et russes. Dans les faits, seuls les Kazakhs bénéficient d'une scolarisation bilingue au primaire et, partiellement, au secondaire. L’importance des langues locales constitue un thème courant en Mongolie afin d'améliorer l'accès des minorités non seulement à l'éducation, mais aussi à l'information en matière de santé et à la formation professionnelle. Toutefois, des difficultés subsistent, surtout dans les régions éloignées en raison des inégalités structurelles, des crises environnementales, de la pauvreté et du développement inégal entre zones urbaines et zones rurales. Enfin, le rapport de mai 2015 de l'Universal Periodic Review (UPR) a également montré que les enfants des minorités ethniques ne jouissent pas pleinement de leur droit à l'éducation, notamment dans l'aïmag (province) de Bayan-Ölgii dans l'ouest du pays où réside la minorité kazakhe; on y enregistre le taux d'abandon scolaire le plus élevé et le taux de participation préscolaire le plus faible du pays. Le taux d'analphabétisme est de 6,8 %, contre une moyenne nationale de 4,6 %. Dans le nord de la Mongolie, l'accès des enfants de la minorité touva à tous les niveaux d'éducation est également limité. De plus, le Comité des droits de l'enfant (CDE) s'est déclaré préoccupé par le manque de sensibilisation des familles de bergers dans les régions occidentales à l'importance de l'enregistrement des naissances. Près de 10 % des naissances dans les zones périphériques ne sont pas enregistrées, ce qui signifie que ces enfants n'auront accès ni à l'éducation ni aux soins de santé.

Malgré l'attachement de la Mongolie aux principes démocratiques et aux garanties constitutionnelles d'égalité et de non-discrimination sur la base de l'appartenance ethnique et aussi en l'absence d'institutions désignées pour faire respecter les dispositions juridiques antidiscriminatoires, les minorités ethnolinguistiques continuent d'être sanctionnées par des politiques discriminatoires. Dans les faits, ces minorités ne sont pas en mesure d'exercer leurs droits en matière d'accès à l'éducation et à l'information ni de participer à la vie publique du pays.

Il existe encore des écoles monastiques bouddhistes. Rappelons que l'éducation en Mongolie a été traditionnellement sous le contrôle des monastères et limitée aux moines bouddhistes. Le tibétain était la langue d'enseignement dans les écoles primaires et la langue liturgique. Aujourd'hui, la langue d'enseignement est le mongol et le tibétain, une langue seconde.

- Les langues étrangères

Les langues étrangères sont enseignées tout au long du secondaire, mais les écoles publiques du primaire doivent introduire des cours de langues étrangères à partir de la cinquième année. C'est désormais l'anglais qui est massivement enseigné dans les écoles au lieu du russe, même si cette langue est encore enseignée et parlée. Le russe reste toujours la deuxième langue la plus parlée en Mongolie, mais la situation évolue. Au cours de la période communiste mongole, qui a pris fin en 1990, le gouvernement avait pour politique d’enseigner le russe comme langue seconde dans les écoles; il fallait parler russe pour accéder aux universités. En 1990, on a tenté de recycler la moitié des professeurs de russe pour qu'ils enseignent l'anglais afin que les élèves puissent apprendre l'une ou l'autre langue. Cela s'est plutôt mal passé, car le russe demeura la principale langue enseignée dans les écoles jusqu'en 2003. C'est seulement cette année-là que l'anglais est devenu la langue étrangère désignée dans les écoles. Bien qu'il y ait toujours une pénurie de professeurs d'anglais qualifiés, la plupart des étudiants étudient maintenant l'anglais.

Les lycées enseignent principalement l'anglais et le russe, mais plusieurs écoles proposent des cours de japonais, de coréen et de chinois. Le français est aussi représenté, mais il est réduit à une part beaucoup plus modeste; on comptait en 2002 environ un millier d'élèves apprenant le français répartis dans cinq écoles secondaires et six établissements d'enseignement supérieur publics et privés, dont 200 étudiants en droit, en journalisme et en relations internationales. Par ailleurs, l'allemand s'avère également utile en Mongolie, puisque le pays compte près de 20 000 germanophiles qui ont été formés dans l'ex-République démocratique allemande. Dans la capitale, on trouve également des écoles publiques avec des concentrations en langues étrangères, notamment en anglais, en russe, en chinois, en allemand et en turc. Seules quelques écoles privées n'enseignent qu'en anglais.

4.6 Les médias et les affaires

Il y a encore quelques années, les infrastructures des médias en Mongolie étaient en mauvais état ou inexistantes, alors que les journaux, les radios et les télévisions étaient strictement contrôlés par un parti politique unique (le Parti communiste). En peu de temps, tout cela a bien changé: les Russes ont laissé la place aux Américains et, dans une moindre mesure, aux Britanniques, aux Français et aux Allemands.

Les médias écrits nationaux sont généralement rédigés en mongol (comme le Udur Toli, le Cag Uye, le Onoodor, le Zuunii Medee, le Udurtutam et le Daily News), mais plusieurs sont diffusés en anglais (le Mongol Messenger, le Mongolia This Week, le UB Post, le Mongolia Online, le Montsame), de même que plusieurs journaux étrangers (Eurasia Net, Mongolia News, One World, Washington Post), et en russe (Montsame).

Dans les médias électroniques, la langue mongole est la langue la plus diffusée, que ce soit Voice of Mongolia, Radio Ulaanbaatar, New Century 107FM, etc. Notons que la BBC World Service présente ses émissions en mongol avec des bulletins d'information en anglais. La radio 990 - Voice of Mongolia diffuse en mongol, mais aussi en anglais, en japonais, en russe, et en chinois. Soulignons que CFI (Canal France International) et TV5 émettent en français.

En ce qui concerne l'affichage, le mongol khalkha demeure nettement prédominant, ainsi que l'alphabet cyrillique. Que ce soit le nom des rues, des routes ou des places, l'unilinguisme mongol et l'alphabet cyrillique sont de mise, sauf dans les endroits touristiques où une traduction anglaise peut être ajoutée. Les enseignes publiques apparaissent généralement en mongol et en cyrillique, mais certains ministères (Transport, Éducation, Police, etc.) peuvent ajouter une dénomination en anglais avec des lettres latines.

Quant à la publicité commerciale, elle se présente généralement en mongol, mais les langues étrangères ne sont pas interdites. L'unilinguisme anglais peut être employé dans les hôtels (Novotel, Bayangol, etc.) et les restaurants, mais le chinois peut également s'y trouver, particulièrement pour les restaurants. La Chine emploie l'anglais pour faire de la publicité auprès des Mongols: "Stydy in China".

De façon occasionnelle, des affiches en russe sont disponibles, mais étant donné que cette langue emploie aussi l'alphabet cyrillique, un étranger peut ne pas faire la différence entre le mongol et le russe.

Les entreprises étrangères favorisent les noms en anglais, en français ou en allemand, ce qui entraîne forcément l'usage de l'alphabet latin.

L'article 19 de la Loi sur la langue mongole (2015) impose à l'organisme responsable des activités des médias et des publications de respecter scrupuleusement les règles de correction de la langue mongole et de se conformer strictement aux normes de la littérature mongole moderne:

Article 19

Organisme responsable des médias publics et des activités de publication

19.1 L’organisme responsable des activités des médias et des publications doit assumer les fonctions suivantes:

19.1.1 Respecter scrupuleusement
les règles de correction de la langue mongole et se conformer strictement aux normes de la littérature mongole moderne;

19.1.2. Déterminer les qualifications de la langue et de l'écriture mongoles pour les exigences professionnelles des journalistes et des travailleurs des médias;

19.1.3 Toute autre obligation prévue par la loi.

Dans les affaires, la présence occidentale est importante, notamment de la part des Américains. Même en province, de jeunes Américains travaillent dans certains bureaux gouvernementaux et, par leur seule présence, incitent les habitants à apprendre l'anglais. Beaucoup de décideurs sont d'ailleurs anglophones, ce qui favorise la diffusion de l'anglais dans le pays. La publicité commence à en être imprégnée de la langue anglaise, car des textes complets en cette langue sont de plus en plus visibles.

La politique linguistique de la Mongolie est davantage axée sur la langue nationale que sur les langues minoritaires. Il faut dire que la plupart des langues minoritaires sont aussi des langues mongoles et des langues turciques, nécessairement mises à l'écart par rapport à la variété officielle, le mongol dans sa variété khalkha. En fait, les langues minoritaires ne sont pas réprimées, elles sont simplement ignorées. Toute la politique à cet égard repose sur le paragraphe 2 de l'article 8 de la Constitution qui déclare que les dispositions concernant la langue officielle n'entravent pas le droit des minorités nationales parlant une autre langue maternelle de l'employer dans l'éducation, la communication et dans la poursuite de leurs activités culturelles, artistiques et scientifiques.

En Mongolie, on semble encore loin d'un État de droit pour les minorités nationales, comme c'est le cas, par exemple, en Azerbaïdjan. Le gouvernement mongol ne semble pas avoir pris les mesures nécessaires pour que soit garantie l’égalité de tous les citoyens et veiller à ce que les personnes appartenant à des minorités nationales puissent participer pleinement à toutes les activités du pays. Le gouvernement de la république de Mongolie devrait reconnaître des droits aux communautés minoritaires, car toute personne a le droit de déterminer librement son appartenance à quelque minorité nationale que ce soit. Pour ce faire, il faudrait aussi adopter des instruments juridiques destinés aux minorités. Comme l'État croit devoir prendre tous les moyens nécessaires pour imposer la langue mongole officielle afin de ne pas se faire absorber par d'autres langues plus fortes telles que le russe, le chinois et l'anglais, qui se trouvent en concurrence, il semble encore trop tôt pour élaborer des instruments juridiques destinés à protéger les langues minoritaires nationales. Néanmoins, il est possible que de tels instruments soient prévus dans un futur proche, une fois que la langue officielle sera considérée comme sécurisée.

Dernière mise à jour: 15 oct. 2019

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Voir aussi la Région autonome de Mongolie intérieure (Chine)

L'Asie

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