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Loi-cadre n° 51-17 relative au système
d’éducation, de formation et de recherche scientifique
Article 31
L’ingénierie linguistique adoptée détermine les éléments de la
politique linguistique suivie dans les composantes et niveaux du
système d’éducation, de formation et de recherche scientifique.
À cet effet, l’ingénierie linguistique adoptée dans les curricula,
les programmes et les formations doit être fondée sur les principes
suivants :
• la mise en avant du rôle fonctionnel des langues adoptées dans
l’école dont l’objectif consiste à consolider l’identité nationale,
permettre à l’apprenant d’acquérir les connaissances et les
compétences, de s’épanouir dans son environnement local et universel
et de garantir son insertion socio-économique et culturelle ainsi que son adhésion aux
valeurs ;
• la maîtrise, par l’apprenant, des deux langues officielles et des
langues étrangères, notamment dans les spécialités scientifiques et
techniques, dans le respect des principes d’équité et d’égalité des
chances ;
• l’adoption de la langue arabe comme langue principale
d’enseignement et le développement à l’école de la position de la
langue amazighe,
langue officielle de l’État et patrimoine commun de tous les
Marocains sans exception, et ce dans un cadre d’action national
clair
et cohérent avec les dispositions de la Constitution ;
• la mise en place progressive et équilibrée du plurilinguisme
permettant à l’apprenant titulaire du baccalauréat de maîtriser les
langues arabe et amazighe et d’être capable d’utiliser au moins deux
langues étrangères ;
• la mise en œuvre du principe de l’alternance linguistique dans
l’enseignement tel que prévu à l’article 2 ci- dessus ;
• la préparation des apprenants à la maîtrise des langues étrangères
à un âge précoce et le développement de leur aptitude à une
acquisition fonctionnelle de ces langues et ce, dans un délai
maximum de six ans à compter de la date d’entrée en vigueur de la
présente loi-cadre.
Les établissements étrangers d’éducation exerçant leur activité au
Maroc sont tenus d’enseigner la langue arabe et la langue amazighe à
tous les enfants marocains qui y poursuivent leurs études, à
l’instar des matières qui leur font connaître leur identité
nationale, sous réserve des stipulations des conventions
internationales bilatérales conclues par le Royaume du Maroc
relatives au statut desdits établissements.
Sont fixées, par voie réglementaire, les applications de
l’ingénierie linguistique, en ce qui concerne chaque niveau du
système, notamment
les niveaux de l’enseignement préscolaire, de l’enseignement
primaire, de l’enseignement collégial, de l’enseignement secondaire
qualifiant, de la formation professionnelle et de l’enseignement
supérieur et ce, dans le respect des principes cités ci-dessus et
des règles générales prévues à l’article 17 de la présente
loi-cadre, et après avis du Conseil supérieur de l’éducation, de la
formation et de la recherche scientifique.
Article 32
Dans le cadre de plans d’action pour la mise en oeuvre des principes
et des contenus de l’ingénierie linguistique prévue à l’article 31
ci-dessus,
les autorités gouvernementales concernées prennent les mesures
suivantes :
• la révision profonde des curricula et des programmes
d’enseignement de la langue arabe et le renouvellement des approches
pédagogiques et des outils didactiques adoptés pour son enseignement
;
• la poursuite des efforts déployés pour l’aménagement linguistique
et pédagogique de la langue amazighe, dans la perspective de sa
généralisation progressive dans l’enseignement scolaire ;
• la révision des curricula et des programmes d’enseignement des
langues étrangères selon les nouvelles approches et méthodes
pédagogiques ;
• la diversification des choix linguistiques dans les filières, les
spécialités, les formations et la recherche au niveau de
l’enseignement supérieur, et
l’ouverture de parcours permettant la poursuite des études en
langues arabe, française, anglaise et espagnole et ce, dans le cadre
de l’autonomie des universités et selon leurs besoins en matière de
formation et de recherche et compte tenu des moyens disponibles ;
• l’instauration, dans les filières dispensées en langues étrangères
au sein de l’enseignement supérieur, d’un module enseigné en langue
arabe ;
• l’intégration, en sus des langues de formation adoptées, de la
formation en langue anglaise dans les spécialités et les filières de
la formation professionnelle ;
• la qualification du personnel de l’enseignement, de la formation
et de la recherche afin d’acquérir des compétences plurilingues,
tout en observant le strict usage de la langue prescrite dans
l’enseignement en dehors de tout autre usage linguistique.
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