7.2 Deux extrémismes
religieux
En
fait, du côté des autorités d'Israël et de la Palestine, c’est l’histoire de deux extrémismes religieux
radicaux hostiles à tout compromis et voués à la destruction de l’Autre.
Pour ce faire, les fanatiques du Hamas ont besoin des fanatiques ultra-orthodoxes du gouvernement israélien afin de perpétuer le carnage dans l'espoir d'en finir avec l'Autre!
Dans chaque pays, une partie de la population croit accomplir une volonté divine
en massacrant ses adversaires, ce qui aurait aussi le mérite d'offrir une entrée
directe au paradis grâce à ce petit jeu guerrier, mais c'est
la population palestinienne qui
est sacrifiée pour la cause des uns et des autres. C'est pourquoi certains
Israéliens, y compris le président américain Donald Trump, rêvent déjà de déporter tous les Palestiniens et de construire de
luxueuses villas le long de la Méditerranée!
D'ailleurs, le président américain est émerveillé par la fermeté et la
détermination du premier ministre israélien! Il ne l'est pas devant la fermeté
des Gazaouis!
Lorsque ce triste épisode
en Israël sera terminé, on sera plus éloigné que jamais de l’effort qui serait nécessaire pour aboutir à une paix viable. Or, la seule façon d’obtenir une paix durable, ce serait de reconnaître les aspirations nationales légitimes des Palestiniens, mais ce n'est pas pour demain. L'avenir de Gaza après le conflit paraît sombre
dans un territoire réduit en cendres.
7.3 La résilience palestinienne
Cependant, c'est mal connaître la
force de résilience des Palestiniens qui ne quitteront jamais leurs terres, sauf
par un génocide à grande échelle perpétré par Israël avec l'appui des
États-Unis, ce qui mettrait définitivement fin à toute solution pacifique.
Les Palestiniens sont les champions du monde de la résistance en dépit d'un
leadership politique qui n’est pas à la hauteur de ce qu’ils auraient souhaité.
L’histoire leur a appris que la libération est parfois au bout d’une longue
marche. Ils peuvent compter sur la solidarité des peuples, arabes ou non, à
travers le monde qui exècrent le colonialisme, même quand il se qualifie
lui-même de «seule démocratie au Proche-Orient».
8
Un nouveau plan de paix
Le président américain,
Donald Trump, qui pense plus vite que son ombre, propose le pire chaos au
Proche-Orient et au
Moyen-Orient depuis 1945. La prise de contrôle de Gaza par les États-Unis mènerait à une guerre de
guérilla sans fin comme celle que les Américains ont connue et perdue en
Afghanistan, sans compter qu'elle attirerait des combattants parmi les 450
millions d'Arabes; des milliers de militaires américains mourraient pour
réaliser les objectifs d’un gouvernement israélien sans aucun bénéfice pour les
États-Unis. Néanmoins,
cette sortie médiatique du président
Trump a le mérite de braquer à nouveau les
projecteurs sur la situation à Gaza.
Si l'on résume la situation, on trouve les
éléments suivants: mort, souffrances, bombardements, destruction, famine,
horreurs. Deux ans après la tragédie du 7 octobre 2023, le bilan n'a jamais
cessé de s’alourdir dans la bande de Gaza, en raison des assauts répétés de
l’armée israélienne. D’après les analyses recueillies par des chercheurs
américains, 60 % des bâtiments de la bande de Gaza ont été endommagés ou
détruits. Selon la Food and Agriculture Organization, 95 % des terres
cultivables seraient par ailleurs détruites ou inaccessibles. Par ailleurs,
selon l’Organisation mondiale de la santé, 94 % des hôpitaux de la bande de Gaza
seraient endommagés ou détruits.
8.1 Un plan en 20 points
Le 29 septembre 2025,
Donald Trump a
proposé un plan de paix en 20 points, avec l’approbation du premier ministre
Benyamin
Netanyahou. En 20 points, le plan promet notamment un cessez-le-feu
immédiat, la libération de tous les otages et la reconstruction du territoire
sous supervision internationale. Le plan Trump prévoit aussi une entrée
immédiate de l’aide humanitaire, la réhabilitation des infrastructures
essentielles (eau, électricité, hôpitaux, boulangeries, etc.) et la création
d’un fonds international de reconstruction, supervisé par les États-Unis,
l’Égypte et les États du Golfe. L’objectif affiché serait de relancer l’économie
locale et de garantir la stabilité sociale de Gaza. Israël n’occuperait ni
n’annexerait Gaza.
De son côté, le Hamas qui n'a jamais été consulté, dit «saluer les efforts» du
président américain et de ses alliés arabes, tout en s’en tenant à une ligne
pour le moins prudente. Ainsi, s’il valide les volets «humanitaires», comme
l’aide, l’échange de prisonniers ou encore le retrait israélien, il passe sous
silence les aspects les plus contraignants : le désarmement, la tutelle
internationale et la présence d’une force étrangère sur le terrain. En fait, il
s'oppose à toute occupation et au déplacement de la population palestinienne. Le
mouvement islamiste appelle à un retrait complet de la bande de Gaza, sans
détailler le calendrier souhaité ni les mécanismes de contrôle d’un tel retrait,
laissant planer une ambiguïté sur les garanties exigées.
Quant au gouvernement
Netanyahou, il compte des
partenaires d'extrême droite, qui refusent toute fin de la guerre tant que le
Hamas n'aura pas été éliminé. De plus, Netanyahou a encore réaffirmé son
opposition de longue date à un État palestinien, allant jusqu'à affirmer que
cela ne figurait pas dans le plan de Trump. Bref, ce n'est pas gagné, et ce,
d'autant plus que l’accord est plus favorable à Israël qu’au Hamas. Néanmoins,
sur papier, ce plan de paix n’a plus rien à voir avec le désir de Donald Trump
de transformer l’enclave palestinienne en Riviera Gaza, où les hôtels de luxe
remplaceraient une population meurtrie. Le Hamas est confronté à un ultimatum :
accepter le document ou s’exposer à ce qu’Israël «finisse le travail». Il n'en
demeure pas moins que, on le sait, parce que les deux parties belligérantes sont
fatiguées de la guerre, elles pourraient finir par arrêter les hostilités,
simplement par épuisement.
8.2
Le Conseil de la paix ("Board of Peace")
Dès le mois de janvier 2026, le président
Donald Trump repartait sur son projet de station balnéaire à Gaza. D’ici trois
ans, il espère y voir une série de tours d’appartements luxueux en bord de mer,
un projet immobilier de grande envergure, tandis qu'il mettait en branle son «Conseil de la paix» ("Board of Peace"),
dont l'unique seule langue officielle est l'anglais (art. 13.1 de la Charte),
seule langue que connaît Donald Trump, membre à vie.
 |
L'administration Trump a dévoilé des images surprenantes d'un "New
Gaza", présentant un centre de données, des appartements de luxe et
du « tourisme côtier »:
| I'm a real estate
person at heart and it's all about location. [...] Look
at this location on the sea. Look at this beautiful
piece of property. What it could be for so many people. |
Je
suis un promoteur immobilier dans l'âme, et pour moi,
l'emplacement est primordial. [...] Regardez cet
emplacement en bord de mer. Regardez cette magnifique
propriété. Imaginez tout ce qu'elle pourrait offrir à
tant de gens. |
|
Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a
présenté ces images lors d'une conférence de presse à Davos, à l'occasion de la
signature du «Conseil de paix» du président américain.
Jusqu’ici, quelque 35 pays auraient accepté
d’adhérer à cette organisation imaginée pour concurrencer les Nations unies.
Oxfam et des experts déplorent un projet sans égard pour les Palestiniens,
tandis que la crise humanitaire se poursuit à Gaza. La composition de ce conseil
est déterminée par Donald Trump lui-même, qui prévoit de facturer plus d'un
milliard de dollars pour chaque siège permanent. En font notamment partie
l’Arabie saoudite, l'Azerbaïdjan, Israël, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie,
l’Indonésie, le Pakistan, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Kazakhstan, l’Argentine, le
Maroc, Ouzbékistan, le Qatar, l'Arménie, etc. La plupart des pays européens, ce
qui inclut aussi le Canada, ont refusé d'y participer, à l'exception de la
Hongrie et du Kosovo. Bref, ce sont des États gouvernés par des monarques, des
autocrates et des présidents d'extrême droite, souvent antisémites.
 |
Le logo du ''Board of Peace'' en dit long sur ce conseil de la paix.
Il fait d'abord des États-Unis le centre du monde: tandis que cette
organisation a été mise sur pied pour reconstruire Gaza, le
Proche-Orient n’est même pas
présent sur la carte. Le logo montre un bouclier servant à protéger
les États-Unis (et non Gaza), le tout sur un fond de dorures qu’affectionne
particulièrement le président américain. De plus, le Conseil de la
paix présente une couronne de laurier, symbole du vainqueur dans la
Rome antique, signe qu'il faut promouvoir la force pour assurer la
paix.
Finalement, l'inscription est en anglais, un autre symbole de la
puissance américaine. Quant au mot ''Board'', il n'est pas choisi
par hasard: il désigne une gouvernance de la part d'une élite
conquérante
sachant quoi faire pour assurer la paix dans le monde. |
Cette institution d'un «conseil de la paix»,
mise en place en janvier 2026, fut évidemment critiquée parce qu'on y voit «club
payant dominé par Trump» et tout centré sur lui-même plutôt que sur Gaza. En
lançant ce «conseil de la paix» qui se veut un concurrent à l'ONU, Trump entend
le présider à vie et où il aurait toujours le dernier mot, et ce, d'autant plus
que lui seul dispose d'un droit de véto. Il
s'agit en l'occurrence d'un projet pharaonique qui fait totalement fi des Palestiniens et de
leur droit à l’auto-détermination, ainsi que de leur droit «d’obtenir justice
pour les crimes commis». On est très loin de cet objectif, et ce, d'autant que la charte proposée par Donald Trump se distingue du fait que la
question de Gaza et de la Palestine n’est même pas mentionnée. Bref, ce conseil
de la paix est une vaste fumisterie destinée à faire valoir un individu imbu de
loi-même.
8.3
Une manœuvre pour sécuriser Israël
Le Hamas et le gouvernement
israélien ont affirmé accepter le plan de paix, bien que cet accord soit
conditionné par plusieurs dispositions, dont la réforme de l’Autorité
palestinienne et la reconstruction de la bande de Gaza. De leur côté, les
Palestiniens sont heureux que la guerre prenne fin, mais en même temps ils ont
peur avec raison d’une trahison, d’un retour aux affrontements comme lors de la
première trêve de novembre 2023. N'oublions pas que le président américain a
assuré que les Gazaouis n'auraient pas le droit de retourner dans l'enclave
palestinienne, réduit à des débris après 15 mois de bombardements israéliens
continue et aveugle. Bref, il veut encore en faire un développement immobilier
pour l'avenir. Les Palestiniens et les Israéliens partent de très loin, et la
route vers une quelconque réconciliation sera ardue, si elle se réalise.
Il est surtout probable que ce fameux «plan
de paix» soit une manœuvre pour sécuriser Israël et satisfaire l’ego du
président Trump. Il est aussi très probable que le Hamas ressurgit de ses
cendres, encore plus fort et plus radical qu'avant, avec des milliers de
personnes pleines de vengeance et de haine, des milliers de cerveaux incapables
de la moindre pensée critique ou personnelle, ce qui fait que jamais Israël ne
serait sécurisé. Les Palestiniens en viennent à croire que les États-Unis sont à
la solde d’Israël et que la guerre contre l’Iran est en réalité une guerre des
chrétiens contre les musulmans.
8.4
Un État palestinien mort-né
Sur les 193 pays membres de l’ONU, 148
reconnaissaient l’État palestinien en septembre 2025. Néanmoins, cela n’a guère
aidé les Palestiniens jusqu’à présent. La France, le Royaume-Uni, l'Australie et
d'autres pays ont également reconnu également la Palestine, cette reconnaissance
demeurera symbolique tant qu’Israël et les États-Unis ne voudront rien changer à
Gaza. Certes, il s'agit d'une avancée morale et juridique au regard du droit
international. Par ailleurs, de nombreux Israéliens, et des intellectuels juifs,
considèrent
Netanyahou comme «le fossoyeur
d’Israël».
- Des pays arabes
vulnérables
Quant aux pays du grand
Moyen-Orient,
beaucoup dépendent énormément des États-Unis, autant économiquement qu’au point
de vue de leur sécurité. Ils sont vulnérables à portée des armes israéliennes.
Les régimes à la tête des pays arabes savent qu’ils ont intérêt à faire des
compromis pour assurer leur propre survie et l’intégrité territoriale de leur
pays. Par le fait même, ils ne veulent plus encourager le Hamas avec son emprise
religieuse totalitaire sur la bande de Gaza et hésitent à soutenir l’Autorité
palestinienne dirigée par un vieillard corrompu à la santé déficiente. Bien sûr,
le jour où les États-Unis ne soutiendraient plus Israël, la cause de la
colonisation à tout-va s'arrêterait.
 |
En somme, bien que la reconnaissance de
l'État palestinien soit un élément positif, elle arrive beaucoup trop tard, car
elle aurait dû survenir en 1947, au moment de la fondation officielle de l’État
d’Israël. Près de 80 ans plus tard, la Palestine est morcelée sur son
territoire, y compris en Cisjordanie, déchirée par des courants idéologiques
opposés entre le Hamas et le Fatah, appauvrie sur les plans économiques et
culturels, et entièrement détruite dans la bande de Gaza.
Comme si ce n'était
pas suffisant, la reconnaissance de l’État palestinien par le Canada, la France, le Royaume-Uni et quelques autres pays, sert maintenant de prétexte à Israël
pour couper le territoire de la Cisjordanie en différentes sections. En fait, la
Cisjordanie serait occupée en zones et en ''cantons'' isolés, discontinus
géographiquement et ressemblant à de véritables prisons où les déplacements
entre eux ne seraient possibles qu'à travers des points de contrôle
d'occupation, au milieu des milices de colons armés disséminées dans toute la
Cisjordanie. Tant que les
gouvernements de
Netanyahou et de
Trump demeurent au pouvoir, ce
n’est pas la naissance d’un État palestinien que nous connaîtrons, mais celle
d’un vaste bantoustan israélien.
|
- Le génocide des
Palestiniens
La réalité est que cette expansion
israélienne se fait au prix d’un génocide qui touche non seulement la bande de
Gaza, mais également la Cisjordanie où l'on assiste à un grignotage continu par
des colons israéliens qui s’y installent en toute impunité, et qui vont jusqu’à
détruire les habitations et les installations agricoles des Palestiniens, et à
les chasser ainsi de leur terre. Cette dépossession des Palestiniens explique
leur appauvrissement graduelle, alors que près de la moitié de la population vit
dans l'indigence. Finalement, compte tenu de son poids supérieur à celui de la
Palestine, Israël n'est pas du tout intéressé à trouver une solution durable.
Néanmoins, même si Israël réussissait à éliminer complètement le Hamas, il
renaîtrait de ses cendres.