1. Généralités
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Les mots
Gorans
ou Goranis (provient de Gora:
«montagne» désignent «ceux qui vivent dans les montagnes» dans la région
de Gora. La région de Gora est une zone géographique d'environ
500 km² située à la frontière entre le Kosovo, l'Albanie et la
Macédoine du Nord (voir la carte ci-contre). Habitée
majoritairement par les Gorans, une communauté ethnique slave
musulmane parlant le goranski, elle comprend des villages
répartis en trois pays. Les statistiques sur la population des Gorans sont souvent imprécises parce que les gouvernements les mélangent avec d'autres groupes. Sous toute réserve, on estime que les Gorans comptent pour 34 000 en Albanie, 9200 au Kosovo et 5000 en Macédoine du Nord pour un total d'environ 60 000 parce qu'on en trouve aussi dans d'autres pays, notamment en Serbie. Néanmoins, les Gorans sont en général traditionnellement liés à leurs voisins albanais, kosovars ou macédoniens, bien qu'ils soient sujets à l'assimilation et à l'émigration. La langue goranskie est plus proche du macédonien que du serbe, avec de nombreux mots turcs. En réalité, le goranski (ou nachenski) est proche du vieux macédonien et du vieux serbe. Si certains Gorans affirment que leur langue maternelle est le goranski (ou le našinski), d'autres disent parler le serbe ou le bosniaque. En Albanie, le goranski s'écrit avec l'alphabet latin, alors qu'en Macédoine du Nord et au Kosovo, il s'écrit avec l'alphabet cyrillique (serbe ou macédonien), bien que l'alphabet latin soit présent. |
2. En Albanie
C'est en Albanie qu'on compte le plus de Gorans, soit 34 000; ils sont répartis dans neuf villages de la préfecture de Kukës: Zapod, Pakisht, Borje, Orçikël, Kosharisht, Cernalevë, Orgjost, Oreshkë et Shishtavec. La plupart des dénominations locales sont en albanais et aucun village de cette région ne possède une appellation slave.
3. Au Kosovo
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Le goran est parlé dans 18 villages du Kosovo. Avant la guerre du Kosovo, quelque 100 000 Gorans habitaient dans les montagnes du Kosovo, de part et d'autre de la frontière albano-serbe, non loin des villes de Kukës et de Prizren, deuxième ville du Kosovo et, jusqu'à récemment, l'une des plus belles villes des Balkans. Les Gorans étaient alors répartis dans les villages suivants dans le sud-ouest du Kosovo (municipalité de Dragash/Dragaš): Backa, Brod, Dikance, Globocica, Gornja Rapca, Krusevo, Kukaljane, Ljestane, Ljuboviste, Mlike, Orcusa, Radesa, Restelica, Veliki Krstec, Vraniste, Zli Potok, Mali Krstec, Donja Rapca. Les langues officielles de la municipalité de Dragash/Dragaš sont l'albanais, le serbe et le bosniaque. Les Gorans qui habitent autour de Prizren sont surnommés les «Torbes» (ou Torbeshis). Toutefois, les Gorans du Kosovo, estimés à 9200, se font graduellement assimiler par les albanophones; depuis l'indépendance, les Gorans apprennent l'albanais à l’école, et beaucoup d’entre eux parlent aussi l’albanais dans la vie quotidienne pour des raisons pratiques. |
4. En Macédoine du Nord
Les Gorans en Macédoine du Nord constituent une très petite minorité slave musulmane, principalement localisée dans deux villages de la municipalité de Bogovinje : Yelovyané et Ourvitch, dans la région du Polog.
5. En Serbie
Les minorités goranies en Serbie résident généralement à Belgrade et dans la province de Voïvodine. Les estimations laissent entendre qu'il y aurait quelque 18 000 Gorans dans ce pays. Fuyant la guerre, de nombreux Gorans se sont réfugiés en Serbie centrale, surtout à Belgrade, la capitale du pays. D'autres Gorans se sont installés à Novi Sad et dans quelques villages de la Voïvodine. Pour la grande majorité, les départs sont surtout motivés par l'absence d'emplois et l'espoir de s'ouvrir à de meilleures perspectives économiques.
Il existe des petites communautés goranies en Turquie, en Croatie, en Hongrie, en Suisse, en Allemagne, en Italie et en France.
Kosovo - Albanie - Macédoine du Nord - Voïvodine