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Kurdistan iranien |
| Capitale: Erbil Population: 12 millions Langue officielle: persan Groupe majoritaire: persan Groupes minoritaires: kurde et ses variétés, turc, azéri, louri, arabe, tukmène, pachtou, balouthe, bakhtiari, etc. Système politique: région sous juridiction du gouvernement central Articles constitutionnels (langue): art. 13, 15, 16 et 19 de la Constitution du 28 juillet 1989 Lois linguistiques: Code pénal islamique (1996); Code du travail (1990); Modification du Règlement sur la mise en œuvre de la Loi sur l'enregistrement des marques et brevets (1931, en vigueur). |
Le Kurdistan («le pays des Kurdes») est une région de montagnes et de hauts plateaux d'Asie centrale, dont la majeure partie se trouve en Turquie, en Irak et en Iran, mais également en Syrie et dans d'autres îlots (Téhéran, Arménie, Turkménistan, Géorgie).
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Le Kurdistan iranien, appelé aussi Kurdistan oriental ou Rojhelat, est une région du nord-ouest du pays peuplée majoritairement de Kurdes. Cette région couvre principalement les provinces du Kordistan, du Kermanchah, de l'Azerbaïdjan occidental et de l'Ilam (i-lam), ainsi que certaines parties du Hamadan et du Lorestan. La région s’étend le long des montagnes du Zagros, à la frontière avec l’Irak et la Turquie. Le Kurdistan est une région immense répartie sur l'Iran, l’Irak, la Turquie et la Syrie. À la suite de la chute de l'Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, un accord devait prévoir la création d’un État kurde. Mais les pays européens, notamment le Royaume-Uni et la France, ne le virent pas ainsi et se partagèrent le Proche-Orient et le Moyen-Orient, sans tenir compte de la population kurde. Depuis, les Kurdes vivent sans patrie, bien que leur identité soit forte, avec leur culture, leur histoire et leur langue indo-iranienne. Cependant, dans tous les pays où ils se sont installés, ils ont été généralement opprimés et victimes d’agressions de la part des gouvernements, et ce, de façon quasi discontinue depuis la fin du Moyen Âge. |
1.1 Le Grand Kurdistan
Rappelons que le Kurdistan iranien fait partie d'un ensemble plus vaste qu'on pourrait appeler le Grand Kurdistan, avec des territoires principalement situés non seulement en Iran, mais aussi en Turquie, en Syrie et en Irak, ainsi que des îlots de peuplement en Arménie, en Géorgie, en Azerbaïdjan, en Turkménistan, au Kirghizistan et au Kazakhstan.

Sur un territoire continu, on distingue le Kurdistan turc, le Kurdistan iranien, le Kurdistan irakien et le Kurdistan syrien:
Pays
Estimation minimale (2022)
Estimation courante
Proportion minimale
de la population totalePourcentage courant
de la population totaleSuperficie
en km²
1
Turquie
20 millions
22 millions
20 %
25 %
210 000
2
Iran
10 millions
12 millions
13 %
17,5 %
195 000
3
Irak
8 millions
8,6 millions
25 %
27 %
83 000
4
Syrie
2 millions
2,6 millions
12,5 %
15 %
15 000
5
Diaspora en Europe
2,1 millions
2,75 millions
-
-
6
Diaspora dans l'ex-URSS
0,4 million
0,5 million
-
-
Total (2022)
42,5 millions
48,5 millions
-
-
C'est en Turquie qu'on trouve le plus grand nombre de Kurdes avec plus de 20 millions de personnes, ensuite c'est en Iran avec au moins 10 millions. Or, ce sont dans ces deux pays où les Kurdes subissent le plus de répressions. L'Irak a accordé une autonomie à ses huit millions de Kurdes et la Syrie pourrait faire de même avec ses deux millions de Kurdes.
On compte également d'environ 50 000 Kurdes aux États-Unis et plus de 40 000 au Canada, dont 78,5 % viennent de la Turquie. La population totale des Kurdes est estimée à environ 42 à 48 millions d'individus à travers le monde, formant ainsi le plus grand peuple sans État. Les chiffres ci-dessus proviennent de l'Institut kurde de Paris (2022).
Pour des informations sur la langue kurde, il faut se référer à la page suivante: la langue des Kurdes.
Pour l'histoire du Kurdistan jusqu'à l'indépendance de l'Iran, cliquer ici s.v.p.
1.2 Les deux zones kurdes en Iran
Traditionnellement, les zones de peuplement kurde restent majoritairement concentrées dans les montagnes unissant la Turquie à la Syrie, l'Irak et l'Iran, ce qu'on appelle le Kurdistan occidental, mais certaines populations kurdes apparaissent, pour des raisons historiques et politiques, séparées du Kurdistan iranien historique, c'est le Kurdistan oriental (ou le Khorassan).
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C'est en Iran, mais au nord-est, région qui abrite les Kurdes du Khorassan, ceux-ci étant appelés ''Kordis''.
La présence des Kurdes dans l'ancienne province iranienne du Khorassan, au nord-est de ce pays, à la frontière du Turkménistan et à plus d'un millier de kilomètres de leur foyer historique, s'explique par des déportations massives ordonnées aux XVIe et XVIIe siècles par les souverains perses safavides entre 1598 et 1602, notamment par le shah Ismaïl Ier et le shah Abbas Ier. Cette région est parfois appelée «Kurdxan» prononcé [kourd-xhann] signifiant approximativement «kourderie», c'est-à-dire «présence kurde en dehors du Kurdistan». |
À la fin du Moyen Âge, les souverains safavides de la Perse ont déplacé des milliers de familles kurdes chiites depuis les régions d'Anatolie, du lac de Van et du lac d'Ourmia (au nord-ouest de l'Iran) vers cette frontière orientale au sud du Turkménistan, le Khorassan. Réputés pour leur bravoure guerrière, les Kurdes eurent comme mission stratégique de servir de bouclier humain et militaire pour protéger l'Empire perse contre les invasions répétées et dévastatrices des tribus nomades sunnites des Ouzbeks et des Turkmènes. Toutefois, il est probable que ce déplacement de populations ait été également motivé par la perspective d’affaiblir les communautés kurdes de l'Ouest, dont les rébellions régulières nécessitaient une présence permanente et coûteuse de troupes dans les provinces à majorité kurde.
Durant cette période, plus de 45 000 familles kurdes chiites migrèrent vers l'Empire perse safavide (1501-1736), pour des raisons essentiellement politiques. Sous la dynastie Qajar — d'origine turkmène, elle régna sur l'Iran de 1789 à 1925 —, le nord du Khorasan était appelé «Kurdistan».
La province du Khorassan septentrional (''North Khorasan'', en anglais) est l'une des trois provinces créées après la division du Khorassan le 29 septembre 2004: le Khorassan septentrional, le Khoressan-e Razavi et le Khorassan méridional (voir la carte). Le Khorassan (signifiant «le pays du soleil levant») était la plus grande province d’Iran jusqu’à sa subdivision en trois provinces. Les Kurdes du Khorassan, après leur installation dans cette région, furent isolés du Grand Kurdistan pendant environ 415 ans. De fait, aucune organisation sociale, culturelle ou politique ne put s'y édifier avant le XXe siècle.
1.3 La gouvernance du Kurdistan iranien
Comme pour le Kurdistan turc, le Kurdistan iranien n'a pas d'entité politique ou administrative autonome, car il est directement sous la gouvernance centralisée et autoritaire de la République islamique d'Iran. Le Kurdistan iranien est réparti, entre autres, entre les provinces historiques du Kurdistan: Kermanchah, Azerbaïdjan occidental, Kurdistan et Ilam. La minorité kurde, qui est majoritairement sunnite dans un pays à dominante chiite, est exclue de la gestion exécutive régionale et fait face à une forte marginalisation politique, économique et culturelle. Le fait que l'Iran a comme dénomination longue officielle «République islamique d’Iran» n'est pas anodin. Cela signifie que l'Iran est un État théocratique, religieux, autoritaire au Moyen-Orient occidental; cet État islamique chiite fut fondé en 1979 après la Révolution islamique.
Chaque province iranienne est administrée par un gouverneur général (''Ostandar'') nommé par le ministère de l'Intérieur à Téhéran. Les conseils municipaux et provinciaux existent, mais leurs candidats sont strictement filtrés par le Conseil des Gardiens de la révolution, ce qui empêche toute réelle représentation autonome.
Il y a effectivement des maires kurdes dans les régions à forte concentration kurde (Kurdistan iranien), les conseils municipaux locaux élisent des maires issus de cette communauté pour administrer des villes comme Sanandaj ou Mahabad. Cependant, ces maires sont soumis à l'étroite supervision du gouvernement central iranien. Les candidats doivent être acceptés par les conseils de surveillance provinciaux, qui sont contrôlés par le régime de Téhéran. Il est fréquent que les relations soient tendues entre les administrations municipales kurdes et les autorités centrales, particulièrement lors de mouvements de contestation liés à la situation politique ou aux droits culturels2 Données démolinguistiques
La population kurde en Iran est estimée entre 7 et 15 millions, soit environ 12 % à 17 % de la population totale du pays. La région historique du Kurdistan iranien est la partie orientale du Grand Kurdistan, mais plusieurs variétés kurdes y sont parlées, en particulier le kurmandji au nord, le sorani au centre et au sud, et le gourani au sud.
2.1 Les provinces kurdes
L'Iran compte 31 provinces (voir la carte complète), dont huit d'entre elles abritent un grand nombre de Kurdes. Les Kurdes résident essentiellement dans les provinces de Kermanchah, d'Azerbaïdjan occidental, du Kurdistan (Kordestan en anglais) et d'Ilam, mais il subsiste des communautés importantes dans le Lorestan et l'Hamadan, ainsi que dans le Khorassan septentrional et le Khorassan Razavi.
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2.2 Les langues parlées
Les Kurdes du Khorassan parlent généralement le kurde kurmandji. Bien que le kurmandji du Khorasan diffère légèrement du kurmandji parlé au Kurdistan, puisqu'il a été isolé depuis plusieurs siècles et resté à l'écart des processus d'évolution grammaticale et de transformation phonétique du kurmandji du Kurdistan. Néanmoins, le vocabulaire et la grammaire du kurmandji du Khorasan sont kurdes, mais son vocabulaire et sa phonétique sont fortement influencés par le persan et le turkmène. Toutefois, les Kurdes de plusieurs localités telles Bojnurde, Palûkanlû, Pehlevanlû, Topkanlû, Qareçorlû, Qarebaşlû, etc., ont abandonné le kurde et ne parlent plus que le turkmène et, dans certains villages tel Quchan près de la frontière avec le Turkménistan, les habitants ne parlent que le persan raji (persan dit «paysan).
(1) La province de l'Azerbaïdjan occidental
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L'Azerbaïdjan occidental (ou de l'anglais: Azerbaïdjan de l'Ouest) abrite les peuples azéris et kurdes, qui constituent la majorité de la population de la province, mais il existe aussi quatre groupes ethno-religieux avec un statut de minorité : les Assyriens, les Chaldéens, les Arméniens et les Juifs. Les Kurdes dominent dans les hauts plateaux à l'ouest et au sud de la province, alors que les terres basses sont habitées par les Azéris (au nord) et les chrétiens assyriens et chaldéens (au sud). Cinq des villes de la province comptent une population majoritairement kurde: Piranshahr, Oshnaviyeh, Bukan, Sardasht et Mahabad. De plus, les villes de Miandoab et d'Ourmia ont des majorités azéries, alors que les régions rurales sont à majorité kurde. |
La ville de Naghadeh est à majorité kurde, selon certaines sources, et à majorité azérie, selon d'autres sources. La ville d'Ourmia (Oroumieh en persan) compte également une bonne population kurde, soit 48 % sur une population de 736 200 habitants. Plusieurs autres localités sont composées d'un mélange de populations azéries et kurdes.
(2) La province du Kurdistan
| Cette province (Kordistan en anglais) compte une majorité de locuteurs du kurde sorani, mais d’autres langues comme l’azéri et le persan sont également courantes. Les deux plus grandes communautés sont constituées des Kurdes iraniens (majoritaires) et des Azéris iraniens qui occupent les régions frontalières orientales. La majorité de la population kurde parle le kurde sorani, notamment à Bijar et Dezej, tandis que le gourani est la langue principale dans de nombreux villages du sud-ouest de la province. Dans la partie extrême orientale de la province, notamment dans les villes de Delbaran, Pir Taj, Serishabad, Yasukand et Tup Agha, on trouve la variété turque oghuz. Bien qu’il ne soit pas la langue principale dans aucune localité de la province, le persan devient de plus en plus la langue maternelle, surtout parmi la population des parties orientales de la province. Une majorité significative de la population de la province du Kurdistan est des sunnites, mais une minorité de fidèles chiites, yarsanistes et chrétiens vit également dans cette province. |
(3)
La province de Kermanchah| Le Kermanchah est occupé en majorité par des Kurdes, principalement par des locuteurs du kurde lori, du persan kermanchah, de l'arabe, du turc, etc. En plus des habitants des villes et des villages, il y a aussi des nomades répartis dans la province. Les hautes chaînes de montagnes à proximité de la frontière irakienne sont l'habitat des communautés kurdes.
La langue prédominante est le kurde, plus particulièrement le kurde sorani. La répartition religieuse est diverse : environ 60 % à 65 % de sunnites, 27% à 35 % de chiites et 3% à 5 % de minorités comme les yarsans et les yézidis. |
(4) La province d'Ilam
Cette province appelée «Ilam» (prononcer [i-lam] possède une présence linguistique diversifiée, bien qu’elle soit la plus faible population de l’Iran. Cette diversité provient de la situation géographique de la province, située dans la zone de transition entre le Kurde et le bloc linguistique iranien du Sud-Ouest.
| La langue prédominante est le kurde, plus précisément les variétés dialectales du kurde du Sud: kalhori, élami, malekshahi, laki et le khezeli étroitement lié au laki. Le kurde est la langue dominante dans les villes d’Ilam, de Mehran, d'Eyvan, d'Abdanan, de Sarableh, de Lumar et de Pahleh; Cheshmeh-ye Shirin Shah Ahmad est la localité kurde la province la plus au sud. Le kurde lori est parlé dans la partie orientale de la province et la langue prédominante dans de nombreuses localités. Toutes les variétés kurdes comptent pour 95% de la population, dont 15% pour le lori; il reste 3,5% pour l'arabe et 1% pour le persan. L’arabe est parlé dans les petites localités proches de la frontière avec la province du Khuzestan. La quasi-totalité de la population pratique l'islam sunnite. |
(5) La province d'Hamadan
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Cette province compte des populations diverses parlant le turc (35%), le persan (34%), le louri (21%), le kurde (8,3%), l'azéri (1%), etc. Dans la ville d'Hamadan même, la plupart des habitants parlent le persan. Cette langue sert aussi de langue véhiculaire dans d'autres régions de la province. Dans le Nord, la plupart des habitants parlent l'azéri et dans l'Ouest, près des provinces de Kermanchah et du Kurdistan, on parle le kurde. Le louri et le laki sont également parlés dans les régions du Sud. La population de la province d'Hamadan est majoritairement musulmane, avec 99,88 % des résidents; ce sont principalement des chiites, avec de petites populations sunnites et zoroastriennes. |
(6) La province de Loristan
| Le Loristan (ou Louristan ou Lorestan en anglais) est en majorité habité par les Louris et les Laks, dont les langues sont respectivement le louri et le laki, deux langues indo-iraniennes. La partie septentrionale du Loristan est peuplée des Kurdes lakis, qui étaient estimés à plus de 65 % de la population de la province en 1980, mais 27% en 2016.
Dans la partie méridionale, on trouve surtout des locuteurs parlant le louri (25%), le persan (21%), le zagros du Nord (12,4%), le bakhtiari (11%) et le turc. De nombreuses localités mixtes abritent des Kurdes et des Louris. |
(7) La province du Khorassan septentrional
| La région du Khorassan fut le témoin de l'ascension et la chute de nombreuses dynasties et gouvernements sur son territoire au cours de l’histoire, alors que plusieurs peuples arabes, turcs, mongoles, turkmènes et afghans entraînèrent des transformations profondes dans la région, selon les époque de leur installation.
Les langues les plus parlées dans cette province du Nord-Est sont le persan, le kurde kurmandji, le turc et le turkmène. On compte quelque 696 villages kurdes du Khorassan dans cette région, répartis dans les deux provinces, le Khorassan septentrional et le Khorassan-e Razavi. Ils parlent le kurde kurmandji et ils sont majoritairement musulmans chiites. Leur nombre est estimé à deux millions, selon des estimations non officielles. |
(8) La province du Khorassan-e Razavi
| Le Khorassan-e Razavi est une des trois provinces créées après la division du Khorassan en 2004. Le nom de Razavi vient de la présence à Machhad, la capitale, du tombeau de l'imam Reza.
Le principal groupe ethnique de cette région est constitué des Perses, mais il existe d’autres communautés importantes telles que les Kurdes du Khorassan, les Turcs du Khorassan, les Turkmènes et les Baloutches du Khorassan, donc des langues influencées par le persan. La plupart des Khorassiens sont des adeptes de l’islam chiite. Une importante population sunnite habite également la province. De plus, le recensement de 2016 a comptabilisé 7159 chrétiens, 961 zoroastriens et 135 juifs vivant dans la province, avec 1073 autres personnes inscrites comme pratiquant d’autres confessions, et 15 993 autres ne déclarant pas leur religion. |
- Les Kurdes de Téhéran
| La présence kurde à Téhéran, la capitale, se compose d'environ 1,6 million de personnes, soit près de 10% sur une population de neuf millions avec une agglomération atteignant 16 millions, les Kurdes constituant une minorité importante dans la capitale du pays. Beaucoup ont migré vers la capitale pour des raisons économiques ou scolaires, en s'intégrant au tissu urbain tout en subissant une forte discrimination culturelle, politique et religieuse. Bien qu'ils soient grandement intégrés dans la ville, de nombreux Kurdes de Téhéran soutiennent en silence ou ouvertement les mouvements de contestation, comme l'illustre la révolte «Femme, Vie, Liberté» déclenchée par la mort de la jeune Kurde Mahsa Amini de 22 ans. Toutefois, la capitale ne constitue pas leur bastion politique; les régions kurdes sont principalement situées dans l'ouest du pays. |
Historiquement et sur le plan géopolitique, l'opposition au régime iranien est menée par des partis kurdes iraniens (comme le PDKI ou le Komala) qui sont historiquement basés en exil dans le Kurdistan irakien, d'où ils mènent une lutte persistante contre Téhéran.
3 Données historiques récentes
Depuis le début du XXe siècle, les Kurdes ont été menacés dans leurs moyens de subsistance traditionnels en raison de la sédentarisation forcée et de la militarisation de leurs territoires. La plupart sont musulmans sunnites et font donc face à une discrimination fondée à la fois sur la religion et l’ethnie, la politique et l'économie. Les mauvaises conditions de vie dans les régions kurdes ont été soutenues par une histoire de réinstallation forcée et de confiscation des terres, ainsi que par des efforts de reconstruction insuffisants après la fin de la guerre Iran-Irak.
3.1 L'État islamique
Avant la Révolution de 1979, durant l’ère des Pahlavi, l’État concentrait la plupart des ressources au centre du pays, mais il craignait une ingérence étrangère en périphérie. L’État redoutait particulièrement les liens étrangers avec les Kurdes et les Arabes iraniens. Cependant, dans les premiers jours de la République islamique, les affrontements entre forces révolutionnaires islamistes et milices kurdes indiquaient que les relations entre l’État et la société sous la République islamique allaient être aussi mauvaises, voire pires, qu’à l’époque des Pahlavi.
Bien que la répression politique se fasse sentir à travers le pays, les communautés des régions frontalières minoritaires furent soumises à un contrôle accru de la part des forces de sécurité, notamment par les Gardiens de la révolution, une armée d'élite qui dispose de moyens terrestres, de sa propre marine et de sa propre aviation.
Dans le cas de la population kurde, les liens organiques entre les populations kurdes des deux côtés de la frontière, notamment avec l'Irak, ont rendu le régime encore plus méfiant. Pourtant, la plupart des partis kurdes iraniens n’ont pas de visées sécessionnistes : ils appellent à la démocratie et à une forme de fédéralisme qui leur accorderait plus d’autonomie, plutôt que l’indépendance face à l’Iran. Malgré cela, l’Iran a employé le prétexte du séparatisme et du terrorisme pour réprimer à satiété les militants kurdes.
3.2 Les problèmes actuels
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En septembre 2022, la mort en garde à vue de Mahasa Amini, une étudiante kurde de 22 ans, a déclenché des manifestations à l’échelle nationale, connues sous le nom de mouvement «Femme, Vie, Liberté». La République islamique a employé des méthodes violentes pour réprimer l’activisme et rétablir «l’ordre». Les Kurdes, ainsi que d’autres groupes minoritaires en Iran, furent ciblés au moyen d'arrestations, d'emprisonnements et d'exécutions arbitraires pour des accusations politiques et liées à la sécurité nationale à des taux disproportionnés tout au long des manifestations, conformément aux schémas préexistants de persécution de l'État autoritaire. Les Gardiens de la révolution islamique (''Pasdarans'') et le ministère du Renseignement (principale arme de sécurité de la République islamique) décrivent les journalistes, en particulier les femmes, comme des «agents de l’espionnage occidental». Le gouvernement est alors justifié de poursuivre les auteurs de tels «crimes». |
- La présence militaire
La République islamique d’Iran a renforcé la présence militaire et sécuritaire dans les territoires frontaliers peuplés de minorités, y compris des Kurdes, créant ainsi des environnements favorables à l’arrestation massive, à la détention, à l’usage de la force et aux exécutions extrajudiciaires. À la suite de la «guerre des Douze Jours» entre l’Iran et Israël en juin 2025, les autorités ont instauré un état d’urgence de facto dans les quatre provinces du Kurdistan iranien (Azerbaïdjan occidental, Ilam, Kermanchah et Kurdistan), ainsi que dans d’autres territoires frontaliers abritant des minorités ethnolinguistiques. Cela incluait une présence accrue des Gardiens de la révolution islamique, de l’Agence de renseignement, ainsi que des services de sécurité en civil et anonymes.
Les Kurdes ont été arrêtés et détenus arbitrairement dans le cadre de diverses activités pacifiques telles que la défense des droits linguistiques, l’organisation ou la participation à des manifestations ou l’affiliation à des partis d’opposition. Dans un pays démocratique, ce sont là des revendications normales. Pour les minorités iraniennes, en particulier pour des groupes comme les Kurdes résidant dans les territoires frontaliers, les formes les plus simples d’activisme pour les droits des ethnies minoritaires sont souvent délibérément interprétées par les autorités comme une menace à la sécurité nationale ou faussement confondues avec le séparatisme violent.
En fait, l'armée iranienne attaque quotidiennement les habitants du Kurdistan au moindre mouvement d'opposition au régime. Dans un contexte du conflit avec les États-Unis, les forces iraniennes en profitent aussi pour mener des frappes de missiles et de drones contre des groupes d'opposition kurdes iraniens basés dans le nord de l'Irak.
- La discrimination politique et économique
Les Kurdes ont une longue histoire de discrimination en Iran... et ailleurs. Les journalistes décrivent les politiques de la République islamique comme une forme de marginalisation économique systématique qui a contribué au sous-développement de la région kurde. Ces politiques comprennent des restrictions sur l’agriculture et l’élevage, le déplacement des populations rurales par la construction de grands barrages, et le détournement des ressources naturelles telles que l’eau vers d’autres régions du pays. De telles mesures ont été interprétées comme des tentatives visant à remodeler la structure économique de la région et ont encore mis à rude épreuve les moyens de subsistance des communautés kurdes.
En Iran, les règles constitutionnelles légitiment l’exclusion des Kurdes. Les non-chiites ne sont pas autorisés à se présenter comme candidat à la présidentielle ou à devenir membres du cabinet, du Conseil national de sécurité, du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime, du Conseil des gardiens ou de l'Assemblée des experts. Les organismes de l’État et les cadres judiciaires ont souvent désavantagé les communautés non persanes et non chiites, y compris les Kurdes, qui ont également été absents de postes importants dans les services de renseignement et militaires.
Les Kurdes iraniens sont confrontés à une discrimination systémique affectant l’accès aux services de base, malgré une garantie constitutionnelle d’égalité des droits pour tous les groupes ethniques. Dans un rapport publié en 2008, Amnistie internationale déclarait que les Kurdes ont été une cible particulière de la République islamique d'Iran et que «leurs droits sociaux, politiques et culturels ont été réprimés, tout comme leurs aspirations économiques». En conséquence, de nombreux militants des droits de la personne en Iran réorientent souvent leur regard sur l’identification des violations des droits de la personne commises par les autorités iraniennes contre la minorité kurde. Cependant, selon Amnistie internationale, les militants des droits kurdes qui lient leur identité kurde à leur travail en faveur des droits de la personne, notamment en documentant le non-respect par l'État de ses obligations internationales en matière de ces droits, risquent de nouvelles violations de leurs droits et nombre d’entre eux ont par conséquent été emprisonnés ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements.
Ces dernières années, la région du Kurdistan iranien a connu un sous-développement économique, ainsi qu'une marginalisation politique et une forte militarisation. À l'automne 2022, la région a enregistré le taux de chômage le plus élevé du pays, soit 13,8%. Dans la province kurde de Kermanchah, le taux a atteint 17,4%, contre une moyenne nationale de 8,2%. Les possibilités d’emploi sont limitées et les pratiques d’embauche discriminatoires ont été citées comme contribuant à un chômage constamment élevé et à de faibles perspectives économiques. Un rapport gouvernemental pour 2019–2020 a également noté qu’environ 66,8 % des emplois dans la province du Kurdistan se trouvent dans le secteur informel, où les emplois manquent généralement d’assurance et de prestations de retraite. La prévalence du travail informel a été associée à un développement limité du secteur privé, à des investissements insuffisants et à une faiblesse des protections juridiques et de leur application.
La région kurde possède d’abondantes ressources en eau. Des barrages ont été construits par le gouvernement iranien pour faciliter l’irrigation de l’eau et la production d’énergie hydroélectrique, sauf que les Kurdes sont généralement exclus des bénéfices de cet investissement, bien qu'ils l'aient payé. Ils subissent de mauvaises conditions de logement et de vie en raison de la réinstallation forcée, ainsi que de l’expropriation des terres rurales pour de grandes plantations agricoles et des usines pétrochimiques qui polluent l’environnement. La contamination par des mines – héritage de la guerre de 1980-1988 avec l’Irak – continue de représenter une menace critique supplémentaire pour la vie des minorités dans les provinces à population kurde, arabe et azerbaïdjanaise.
Les provinces d’Iran principalement habitées par des groupes ethniques et ethno-religieux minoritaires, dont les provinces kurdes, se caractérisent par des inégalités socio-économiques persistantes. Les régions à population minoritaire comme le Kurdistan restent sous-développées, avec des taux de pauvreté plus élevés et des conditions sanitaires globalement moins bonnes. En ce qui concerne les droits fonciers, on observe de fortes confusions de biens et de négligence gouvernementale dans la région kurde du nord-ouest de l’Iran, le Kurdistan, le Kermanchah et l'Ilam.
- L'augmentation de la répression
Au début du XXIe siècle, un certain nombre d’activistes, d’écrivains et d’enseignants kurdes ont été arrêtés pour leur travail et condamnés à mort. Cette augmentation est probablement due à la répression menée par le gouvernement à la suite des manifestations nationales qui ont suivi les élections présidentielles iraniennes. Même avant les élections, les groupes rebelles kurdes – en particulier le Parti pour une vie libre au Kurdistan ou PJAK – ont pris les armes contre l’État.
| À la suite des manifestations concernant Mahsa Amini qui a débuté à la fin 2022, des rapports décrivent une augmentation des arrestations, de la torture et des exécutions affectant des minorités kurdes. Mais cette révolte a franchi les frontières du Kurdistan et a donné l’exemple à toutes les femmes iraniennes.
Les exécutions auraient alors augmenté de 72 %, avec au moins 582 personnes mises à mort par les autorités. En juin 2023, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) déclarait que les condamnations à mort impliquant des Kurdes semblaient disproportionnées. En juillet 2023, en réponse à la réponse sévère des autorités aux manifestants, de nombreux Kurdes iraniens avaient fui vers l’Irak. |
En 2025, environ 454 militants politiques, civils et religieux ont été jugés par le système judiciaire. Plus de 49 % des personnes condamnées à la prison étaient kurdes, et environ un tiers de celles condamnées à mort l'étaient également. En mars 2026, 1 700 personnes auraient été arrêtées, dont 17,6 % étaient des Kurdes.
Les personnes impliquées dans les partis politiques kurdes, la société civile ou les activités culturelles risquent d’être surveillées, arrêtées, détenues et poursuivies pour des accusations de sécurité généralement exagérées, ce qui peut entraîner de longues peines de prison, voire la peine de mort. Les autorités iraniennes peuvent considérer les activités en faveur des Kurdes, notamment la protection sociale et les œuvres caritatives, comme des actes politiques. Plus généralement, toute implication dans tout effort organisé de soutien aux Kurdes peut attirer l’attention négative des autorités et créer un risque de persécution ou de mauvais traitements. Même des signes limités d’implication peuvent susciter des soupçons et la réaction peut être sévère. Les arrestations sont effectuées pour divers motifs, notamment des liens réels ou présumés avec des partis d’opposition kurdes. La torture est le plus souvent signalée au début de l’enquête, lorsqu’elle est employée pour forcer des aveux. Les personnes identifiées ou soupçonnées d’être affiliées à des partis politiques kurdes sont également plus aptes à recevoir des sanctions sévères, généralement de longues peines de prison et des condamnations à mort.
- La discrimination religieuse
Les Kurdes constituent la plus grande minorité religieuse d’Iran. Les régions kurdes sont de confessions religieuses diverses, notamment l'islam sunnite, mais aussi le christianisme romain, le christianisme syriaque, le judaïsme et le yézidisme. Mais la plupart des Kurdes sont des musulmans qui adhèrent à l'islam sunnite de l'école chaféite. Dans ce pays, les différences religieuses ont intensifié les tensions entre les Kurdes sunnites et les chiites. En fait, la discrimination à l’encontre des Kurdes en Iran est fondée sur l'origine ethnique, la langue et la religion.
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En 1993, une mosquée sunnite nouvellement construite à Sanandaj, la deuxième plus grande ville kurde, a été détruite par une foule de fanatiques chiites, le tout sans être inquiétés par la justice. Depuis de nombreuses années, les sunnites de Téhéran ont tenté d'obtenir l'approbation de leur propre mosquée, mais les autorités ont refusé à plusieurs reprises. Sous la monarchie des Pahlavi, qui a gouverné l’Iran de 1925 à 1979, les sunnites n’étaient pas autorisés à obtenir l’autorisation de construire une mosquée. Lors de la révolution de 1979, l’ayatollah Khomeini avait initialement déclaré qu’ils seraient autorisés à le faire, mais après son arrivée au pouvoir, il a refusé d'agir en conséquence. En 2015, les principales villes iraniennes ne comptaient aucune mosquée sunnite, notamment à Téhéran (16 millions de personnes avec l'agglomération), même si plus de deux millions de sunnites y vivent, dont beaucoup sont kurdes (plus de 10%). |
- Les interdits linguistiques
La langue kurde au Kurdistan oriental, bien qu’étant une langue vivante et importante et l’identité de millions de Kurdes de la région, fait constamment face à d’importants obstacles. Selon les statistiques, la langue kurde est la deuxième langue la plus employée en Iran après le persan (ou le farsi). La langue kurde n’a aucun rôle officiel en Iran et est strictement interdite dans le système d'éducation nationale. Bien que l’article 15 de la Constitution iranienne permette l’enseignement des langues locales, ce droit n’a pas été mis en œuvre dans la pratique et il n’y a pas d’enseignement de la langue kurde dans les écoles.
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Article 15 La langue et l'écriture officielles et communes du peuple iranien sont le persan. Les documents, la correspondance, les textes officiels et les manuels scolaires doivent être rédigés dans cette langue et avec cette écriture. Toutefois, l'usage des langues locales et ethniques dans la presse et les médias, ainsi que l'enseignement de leur littérature dans les écoles, parallèlement au persan, sont autorisés. |
Il faut comprendre que l'enseignement en kurde est autorisé, même s'il n'y a pas d'école pour les Kurdes. L'éducation kurde impliquerait la lecture, l'écriture et l'apprentissage en kurde avec des instruments d'apprentissage, ce qui n'existe pas en Iran pour les Kurdes. Jusqu'au XXe siècle, l'enseignement du kurde était déjà quasi inexistant pour les Kurdes, car les écoles et les intellectuels des régions kurdes recevaient un enseignement principalement offert dans les langues dominantes, le persan, le turc, l'arabe ou l'anglais. Aujourd'hui encore, l'enseignement dans la langue maternelle ne va pas de soi pour les Kurdes.
En pratique, l'enseignement dans leur langue maternelle est interdit comme en Turquie, où les Kurdes ne peuvent pas recevoir leur instruction dans leur langue maternelle et où les départements d'études kurdes dans les universités n'ont été ouverts que récemment. Selon un sondage de 2014, plus de 65 % des Kurdes sont favorables à un enseignement du kurde comme langue maternelle dans les écoles. Cependant, le gouvernement iranien ne prête pas attention aux opinions de la majorité de la population et s’oppose fermement à ceux qui tentent d’apprendre la langue maternelle, en particulier dans le Kurdistan (iranien). En raison de l’interdiction et du manque de soutien de l'État, des volontaires exercent souvent leurs activités dans les maisons et dans la rue. De fait, plusieurs enseignants et activistes locaux luttant pour le droit d'apprendre dans la langue maternelle ont été arrêtés et condamnés par la justice iranienne sous des accusations d'«atteinte à la sécurité nationale».
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Le 21 février 2025, le Parlement de la République islamique rejetait une proposition d’enseignement des «langues ethniques» dans les écoles quelques jours seulement après la Journée internationale de la langue maternelle, laquelle a été approuvée à la Conférence générale de l’UNESCO en 1999; elle est observée dans le monde entier depuis 2000. Alors que les médias soulignaient l’importance mondiale de l’éducation fondée sur la langue maternelle, plusieurs militants civils kurdes ont été arrêtés pour avoir défendu ce droit fondamental. Pourtant, une éducation forcée dans une langue seconde sans préparation adéquate peut entraîner des décrochages scolaires, de faibles résultats scolaires et un stress psychologique. D'ailleurs, les recherches confirment que les enfants qui commencent leur éducation primaire dans leur langue maternelle développent une compréhension plus profonde des concepts scolaires et une plus grande confiance dans leur apprentissage. |
En l’absence d’un enseignement formel fondé sur la langue maternelle, certaines familles se tournent vers des solutions alternatives, par exemple, des cours privés à domicile qui imposent des coûts financiers et temporels importants aux familles, ou des méthodes d’enseignement non standard et l’auto-apprentissage, qui ont souvent des effets négatifs. Par voie de conséquence, les élèves kurdes éprouvent des difficultés pour étudier dans une langue étrangère. Cette situation dans les régions kurdes engendre des difficultés d'accès à l'enseignement supérieur, puis des difficultés financières, car le système scolaire ne tient pas compte de leur langue, ce qui nuit à leur réussite scolaire.
Bien que certains propos kurdes aient été tolérés dans les publications et la radiodiffusion, il a été rapporté en 2014 que le gouvernement iranien avait interdit les publications en kurde et sanctionné des journalistes pour avoir critiqué les politiques gouvernementales. Il fut interdit dans les écoles d’enseigner la langue kurde, et la plupart des prénoms kurdes pour enfants ne furent pas autorisés à être enregistrés dans les registres officiels. Les autorités iraniennes ont aussi fermé plusieurs journaux kurdes importants, arrêtant éditeurs et journalistes. Parmi ceux-ci, Roya Toloui, militante des droits des femmes et chef du journal Rasan («Élévation») à Sanandaj, qui fut torturée pendant deux mois pour sa participation à des manifestations pacifiques dans la province du Kurdistan.
Malgré tous ces obstacles et problèmes posés par le régime iranien contre les militants et enseignants de la langue kurde, selon des sites web d’enseignement de la langue kurde, la création de centres de langue kurde et d’organisations spéciales dans diverses villes du Kurdistan oriental est en augmentation.
- La guerre entre l'Iran et les États-Unis
Selon l’un des analystes du Groupe de crise internationale (un organisme non gouvernemental fondé en 1995 par le vice-président de la Banque mondiale et d’anciens diplomates des États-Unis), la situation des Kurdes iraniens n'est pas enviable: «Les Kurdes qui vivent dans certaines régions les moins développées d’Iran posent les plus sérieux problèmes internes à résoudre par l’Iran, et considérant ce qu’ils voient chez les voisins, l’assurance politique des Kurdes irakiens, il est à craindre que les Kurdes iraniens ne se mobilisent pour une plus grande autonomie.»
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Les frappes aériennes et les opérations militaires lancées par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février 2026 ont modifié l'équilibre des forces dans la région. Quelques jours auparavant, le 22 février, six partis kurdes actifs dans les villes de l'Est avaient formé une coalition appelée «Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien». Après le lancement de l'opération américano-israélienne, les forces kurdes n'ont pas pris part au conflit et n'ont pas pris position. Les membres fondateurs de la coalition comptent cinq organisations kurdes iraniennes, majoritairement basées dans la Région du Kurdistan en Irak. |
Le 5 mars 2026, le président américain Donald Trump déclarait qu'il soutiendrait une offensive des forces kurdes en Iran, sans toutefois s'engager à appuyer l'opération par des frappes aériennes. Certains médias occidentaux ont rapporté que Trump était en contact avec des dirigeants kurdes irakiens et iraniens afin de les inciter à fomenter un soulèvement en Iran. Cependant, de hauts responsables kurdes irakiens ont nié tout déploiement ou projet de déploiement de forces kurdes en Iran. Ils savent aussi que la parole du président américain ne vaut rien.
Les manifestations ont débuté en décembre 2026 et le président américain Donald Trump a encore promis un soutien militaire et logistique aux rassemblements de masse. N'ayant pas tenu ses promesses, il est devenu la cible de nombreuses critiques. Par la suite, dans ses récentes déclarations, Trump a accusé les partis kurdes en affirmantn qu'il avait fourni des armes aux forces kurdes, mais que ces dernières n'avaient pas combattu après les avoir reçues, qu'elles avaient «volé des armes» et qu'elles avaient également empêché l'opposition iranienne de se rebeller. Or, tout cela était faux, car les Kurdes n'avaient aucun intérêt dans cette guerre, une guerre servant uniquement des intérêts américains et israéliens. Pour les représentants kurdes, les opérations militaires américaines et israéliennes contre l'Iran n'ont rien à voir avec les revendications du peuple kurde concernant ses droits.
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En Iran et au Kurdistan oriental, les soulèvements kurdes, notamment pour les droits de la personne, les pressions économiques et politiques se poursuivent toujours. Ces dernières années, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans des villes du Kermanchah, du Kurdistan, de l'Ilam et de l'Hamedan. Les manifestations se poursuivent régulièrement en Iran et au Kurdistan oriental au risque d'une plus grande répression. Avec l’augmentation du nombre d’arrestations en Iran, le pays s’est positionné comme l’un des régimes les plus répressifs au monde pour les journalistes, aux côtés de pays tels que la Chine, le Myanmar (Birmanie), la Turquie et la Biélorussie. En 2026, Reporters sans frontières classait l'Iran au 177e rang sur 180 pays en matière de liberté de la presse. Seules la Chine (178e), la Corée du Nord (179e) et l'Érythrée (180e) se classaient après l’Iran.
Cela dit, la perspective de réformes, quelles qu'elles soient au sein du système politique de la République islamique d’Iran, est quasiment nulle pour le moment. L’une des conséquences immédiates du soulèvement à la fin de 2022 fut la militarisation de divers domaines, de la politique aux médias, en particulier au Kurdistan oriental. Malgré ces circonstances, la résistance continue de se poursuivre d'une autre manière, d'année en année. Rappelons cette maxime concernant les Kurdes: «Les Kurdes n’ont d’autres amis que les montagnes.» En définitive, entre les imposants sommets enneigés, sous des nuages sombres et parfois en été des flocons de neige, il subsiste un certain réconfort dans l’isolement et la solitude qu’offrent les montagnes. Cela fait des centaines d'années que les montagnes protègent ainsi les Kurdes contre la bêtise humaine.
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