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Égypte1) Situation générale |
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Plan de l'article
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1 La situation générale 1.1 Les divisions administratives 1.2 La répartition de la population 2 Les langues autochtones d'Égypte 2.1 L'arabe véhiculaire et l'arabe standard 2.2 L'arabe égyptien 2.3 L'arabe saïdi 2.4 L'arabe bédouin |
3 Les langues
vernaculaires non arabes 3.1 Le nubien 3.2 Le berbère siwi 3.3 La langue béja 3.4 La langue copte 4 La diversité des communautés linguistiques 4.1 Les groupes ethniques, leurs langues et leurs religions 4.2 Les religions |
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L'Égypte — officiellement République arabe d'Égypte — est un pays couvrant une superficie de 997 739 km² (soit 1,8 fois plus grande que la France ou deux fois l'Espagne), qui s'étend sur l'extrême nord-est du continent africain et sur la péninsule du Sinaï où il est limité à l'est par l'État d'Israël, l'Arabie Saoudite et la mer Rouge; au sud, le pays est limité par le Soudan et à l'ouest par la Libye (voir la carte). Étant donné que l’Égypte s’étend à l’extrémité orientale de l’Afrique du Nord et se prolonge sur le continent asiatique par le Sinaï fait en sorte que cette situation géographique détermine son appartenance au Proche-Orient; elle est aussi membre de la Ligue arabe. La capitale du pays est Le Caire. |
Le nom de l'Égypte proviendrait de l'ancien égyptien hikuptah signifiant «château du ka (âme) de Ptah», un des noms de Memphis dont les Grecs firent Aiguptos pour l'appliquer à l'ensemble du pays. En arabe, le mot Égypte se dit misr («grande ville» ou «capitale»), du nom de la nouvelle capitale bâtie à Fustat fondée sous le premier calife fatimide d'Égypte, Ubaydallah al-Mahdi, au Xe siècle, appelée misr al-qâhira («la capitale victorieuse»), aujourd'hui Le Caire. Certains contestent l'appartenance au monde des Égyptiens. Bien que ceux-ci aient des racines génétiques diverses — nubiennes, berbères, égyptiennes anciennes —, l'Égypte fait partie du monde arabe. Non seulement le pays est membre fondateur de la Ligue arabe, mais ses citoyens sont des Arabes sur les plans linguistique, culturel, religieux et politique.
1.1 Les divisions administratives
La pays est divisé administrativement en 27 gouvernorats (muhafazat, singulier: muhafazah). Ces gouvernorats sont de population et de superficie très inégales (voir la page sur les gouvernorats).
Pour bien comprendre l'Égypte et l'histoire de ce pays, il faut se référer aux conditions géographiques et climatologiques très particulières qui font de la vallée du Nil une immense oasis dans des régions où la moyenne des précipitations annuelles s’établit à 33 mm par an, à l’exception du Delta alors que le climat méditerranéen assure des pluies plus importantes. Tout le reste du pays, soit 94 %, se présente comme une immense zone désertique. Seules 35 000 km², soit 3,5 %, sont cultivées et habitées de manière permanente. Le désert est immédiatement présent dès que l’on s’éloigne de la vallée et de ses terrasses alluviales, bien que l'on trouve, à l’ouest, plusieurs oasis importantes.
1.2 La répartition de la population
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Avec plus de 118 millions d'habitants en 2025,
l'Égypte est le troisième pays le plus peuplé d'Afrique derrière le
Nigeria et l'Éthiopie. C'est également le pays le plus peuplé du monde
arabe, du Proche-Orient (bassin méditerranéen) et du Moyen-Orient.
Le désert recouvre 97 % de la superficie du pays. Seul le Nil et sa petite bande de fertilité se faufilent à travers cette immensité. On distingue trois grandes zones désertiques en Égypte: le désert Libyque à l'ouest, le désert Arabique à l'est entre le Nil et la mer Rouge et le désert du Sinaï au nord-est. La densité de la population est de 102 habitants/km², mais la répartition des Égyptiens se présente forcément de façon inégale dans le pays. La vallée du Nil et son delta, avec la zone du canal (53 000 km²) sont les seules zones habitables et largement urbanisées, ce qui représente 5 % de la superficie du pays, mais la réalité démontre que c'est 3,5 % si l'on exclut les oasis de l'Ouest et du Sud. L'Égypte abrite de nombreuses oasis dans le désert Libyque, mais seules six sont importantes, bien qu'il y en ait d'autres beaucoup plus petites. |
La population par grande région se présente ainsi :
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1.3 Les oasis égyptiennes
On compte six oasis importantes en Égypte. Ces oasis se distinguent par leurs caractéristiques naturelles et historiques uniques; elles constituent une destination touristique majeure pour les visiteurs du monde entier. Il ne faut pas penser qu'il s'agit d'une centaine de palmiers et d'une petite source d'eau, ce sont d'importants centres touristiques dotés d'excellents hôtels et de restaurants, avec des populations non négligeables. L'oasis de Fayoum est particulièrement populaire parce qu'elle est située à quelque 100 km au sud-ouest du Caire; c'est aussi la plus populeuse avec 500 000 personnes.
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Ces oasis sont devenues de hauts lieux de fréquentation touristique. Par conséquent, ce sont aussi des zones de multilinguisme. La population locale peut parler l'arabe égyptien, le berbère siwi (oasis de Siwa), le nubien (oasis de Kharga), mais pour les étrangers, ce sont nécessairement l'anglais d'abord puis le français. L'affichage commercial est souvent bilingue toujours avec l'anglais et l'arabe standard ou le berbère siwi.
2 Les langues autochtones d'Égypte
L’Égypte est le pays le plus peuplé de tout le monde arabophone: 78,8 millions en 2006 (plus de 80 millions en 2008), contre 65,9 millions en 1998, et 84 millions en 2010, puis 118 millions en 2025. Bien que l'Égypte occupe une superficie équivalant à 1,8 fois celle de la France ou deux fois celle de l'Espagne, 95 % de la population réside sur 5% du territoire, c'est-à-dire le delta et la vallée du Nil, le reste du territoire étant un vaste désert. Dans la partie habitée, la densité des habitants est de 1540 au kilomètre carré, soit l'une des plus fortes au monde. L'Égypte n'est dépassée que par Hong Kong (6278 km²), Singapour (6751 km²), Monaco (16 235 km²) et Macao (17 811 km²). On estime aussi que 46 % des 84 millions d'Égyptiens résident en milieu urbain, les principales villes étant Le Caire (17,5 millions d'habitants au moins avec Guizeh, Alexandrie (3,9 millions), Guizèh (3,0 millions) Port- Saïd (550 000), Suez (506 000), Louxor (429 000) et Assouan (250 000).
La formation du «peuple égyptien» remonte très loin dans le temps, à la fin de la période «subboréale» dite du «Sahara humide» dont les populations pastorales, chassées par l'assèchement, s'établirent dans la vallée du Nil, toujours en eau. Vers 3500 avant notre ère, lorsque des populations de souche afro-asiatique s’établirent dans le pays, elles y rencontrèrent des populations du groupe sémitique qui, elles, fuyaient l'assèchement de la péninsule Arabique. La population actuelle est issue de ce mélange très ancien, ainsi que des apports liés aux invasions qui marquèrent l’histoire du pays: les Libyens, les Perses, les Grecs, les Romains, mais surtout les Arabes qui conquirent la région au VIIe siècle de notre ère. La population égyptienne fut à partir de cette époque presque totalement arabisée et islamisée. Aujourd'hui, il ne subsiste des populations proto-arabes qu'une petite minorité nubienne habitant depuis des millénaires les villages du sud de l’Égypte et du nord du Soudan. Bref, la langue que parlent les arabophones contemporains n'a rien à voir avec la langue égyptienne des pharaons.
2.1 L'arabe véhiculaire et l'arabe standard
À l'instar des autres pays arabophones, la langue arabe en Égypte se présente sous trois formes principales: l'arabe véhiculaire (appelé aussi «arabe dialectal»), l'arabe littéraire (ou arabe classique ou arabe coranique) et l'arabe standard moderne (ASM). classique). L'arabe véhiculaire ou dialectal résulte à la fois de la fragmentation de l'arabe du VIIe siècle et de la fusion des parlers provenant des conquêtes militaires et des brassages de population des langues sud-arabiques, berbères, nubiennes, couchitiques, etc.
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Toutes les variétés d'arabe véhiculaire sont des langues exclusivement parlées dont certaines sont souvent incompréhensibles entre les arabophones (arabe égyptien, arabe irakien, arabe jordanien, arabe libanais, arabe yéménite, etc. Pour simplifier, on peut dire que les différentes variétés d'arabe véhiculaire sont plus aisément compréhensibles lorsque les aires géographiques sont à proximité; ainsi, l'arabe libanais est compris par un locuteur de l'arabe égyptien; il en est ainsi de l'arabe marocain pour un Algérien. Mais l'arabe du Golfe est aussi hermétique que le français l'est pour un Espagnol. L'arabe, quelle que soit sa variété, est une langue afro-asiatique attestée dès le VIIe siècle; il fait partie de la branche sémitique avec l'hébreu et l'amharique en Éthiopie. L'arabe doit son expansion à la propagation de l'islam, à la diffusion du Coran et à la puissance militaire des Arabes à partir du VIIe siècle. Ces trois facteurs sont intimement liés au point qu'on ne peut les dissocier. |
En Égypte, l'arabe véhiculaire indigène comprend principalement l'arabe égyptien, l'arabe saïdi et l'arabe bédouin. Parmi les autres langues originaires de l'Égypte, il faudrait aussi mentionner le berbère siwi, le nubien (famille nilo-saharienne) et le copte.
- L'arabe standard
Au contraire de l'arabe coranique, appelé aussi «arabe éloquent» ou «arabe grammatical», qui est une langue «sacrée» associée au Coran et à la religion, l'arabe standard moderne (ASM) est laïc, associé à la culture littéraire historique, à la science et à la technologie, aux fonctions administratives, ainsi qu'aux médias. À peu près aucun arabophone d'Égypte ne parle cette variété d'arabe comme langue maternelle. Cet arabe moderne laïc est la langue officielle de l'État et n'est compris que par environ 75 % de la population, soit le pourcentage de la population qui peut lire et écrire.
Or, il faut avoir été à l'école pour maîtriser l'arabe moderne. Bref, cet arabe, sauf exception, n'est la langue maternelle de personne: c'est avant tout une langue écrite et une langue dans les relations inter-ethniques pour beaucoup d'arabophones. Autrement dit, l'arabe coranique et l'arabe standard moderne ne sont pas synonymes. C'est cette variété d'arabe standard que, dans les pays arabophones, l'enseignement est offert dans les écoles et les universités, tandis que dans les medersa (écoles privées religieuses) on utilise l'arabe coranique. En somme, les deux sont des langues apprises, langues d'enseignement, non des langues maternelles.
2.2 L'arabe égyptien
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En Égypte, les deux tiers de la population parlent l'arabe égyptien comme langue maternelle (76 millions). C'est l'une des variétés d'arabe parmi les plus parlées dans le monde, avec l'arabe marocain, l'arabe algérien, l'arabe tunisien et l'arabe leventin. C'est également l'une des variétés d'arabe les mieux comprises en raison du rayonnement de la culture égyptienne dans le monde arabe. Par exemple, il est plus aisé pour un Marocain de comprendre l'arabe égyptien que pour un Égyptien de comprendre l'arabe marocain. De la même manière, il est plus aisé pour un Québécois de comprendre un Français que l'inverse, le «français de France» étant plus répandu que le français québécois. De plus, le fait qu'il existe des volumes pour apprendre l'arabe égyptien (L'arabe égyptien de poche) témoigne de la vitalité de cette variété d'arabe, comme c'est le cas dans tout le monde arabe. |
L’arabe égyptien est familièrement appelé ''masry'' ou ''masri''; il est originaire du delta du Nil en Basse-Égypte, notamment autour de la capitale Le Caire, où on parle de l'arabe cairéen. En fait, le nom ''masri'' est une translitération de l'arabe صر (en alphabet latin ''mirs'') signifiant «Égypte». La phonétique, la structure grammaticale et le vocabulaire de l’arabe égyptien sont influencés par la langue copte; son riche vocabulaire est également influencé par le turc, le persan et par des langues européennes telles que le français, l’italien, le grec et l’anglais.
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L’arabe égyptien n’a aucun statut officiel et il n’est pas reconnu comme une «langue» en Égypte, car c'est l’arabe standard moderne qui est la langue officielle de l’État, selon la loi constitutionnelle, sous le nom اللعربية, al-luġa al-ʿarabiyyah, litt. «la langue arabe». L'arabe égyptien partage des caractéristiques avec l'arabe coranique et l'arabe standard moderne.
L'arabe égyptien, appelé localement «dialecte égyptien» (اللهجة المصرية : allahjat almisria), est compris dans la plupart des pays arabophones en raison de l’influence égyptienne sur la région ainsi que des médias égyptiens, y compris le cinéma égyptien qui a eu un impact significatif dans la région depuis plus d’un siècle, tout comme l’industrie musicale égyptienne et les missions éducatives des enseignants égyptiens, en faisant le «dialecte arabe» comme le plus répandu et l’un des plus étudiés. Bien qu’il s’agisse principalement d’un dialecte parlé, on le retrouve sous forme écrite dans certains romans, pièces de théâtre et poèmes (en langue vernaculaire), ainsi que dans des bandes dessinées, des publicités, des journaux et des chansons populaires. |
L'arabe égyptien a été influencé et absorbé par d’autres langues, anciennes et modernes, telles que l’égyptien ancien, le hittite, le phénicien et, dans sa phase finale, le copte, l’anglais, le grec, le turc, le persan, l’italien et le français, en raison de la position de l’Égypte entre les deux continents du monde antique (Asie et Afrique), ainsi que de la diversité des civilisations qui l’ont gouvernée et de son ouverture aux cultures voisines.
2.3 L'arabe saïdi
Les Arabes saïdi sont originaires de la Haute-Égypte et sont connus pour leur arabe unique et leurs pratiques culturelles. Les Saïdi ont développé une identité ethnique distincte, principalement en raison de l'isolement de la Haute-Égypte, ce qui a limité les influences étrangères et favorisé des usages plus conservateurs. La région d'origine des Saïdi, la vallée du Nil, est souvent décrite comme rurale et aride, ce qui a permis une meilleure préservation du patrimoine égyptien et arabe ancien. Leur langue, parlée par plus de 23 millions de locuteurs, est un arabe véhiculaire distinct de l'arabe égyptien et des autres arabes véhiculaires. Bien qu'intelligible pour les autres Égyptiens l'arabe saïdi diffère de l'arabe traditionnel tant par sa prononciation que par son vocabulaire. Un grand nombre d'Arabes saïdi a quitté la Haute-Égypte pour fuir la pauvreté et trouver de meilleures perspectives dans les grandes villes. Ils ont tendance à former des communautés soudées afin de préserver leur identité culturelle et leur langue.
Comme pour l'arabe égyptien dit masri, l’arabe saïdi ne bénéficie que fort peu de prestige au niveau national, mais il continue d’être largement parlé dans le Sud, et dans le Nord par les migrants du Sud qui se sont également adaptés à l’arabe égyptien. De plus, l’arabe saïdi possède diverses sous-variétés (appelés négativement ''sous-dialectes'') et peut varier considérablement selon les endroits entre le Nord et le Sud. En raison de la nature tribale de la Haute-Égypte, et parce que certaines communautés de la Haute-Égypte ont eu des liens avec la langue arabe formelle grâce à ses prononciations normalisées, il s'est développé de nombreuses fragmentations linguistiques.
2.4 L'arabe bédouin
Le mot «bédouin» est issu de badw (البدو) ou badawi (بَدَوِي) (au pluriel badawiyoune: بَدَوِيُّون), qui désigne en arabe «les habitants du désert» se déplaçant fréquemment. Le berceau traditionnel des Bédouins vient des tribus arabes du Najd et du Hedjaz dans le désert d'Arabie, et ce, depuis le Xe siècle jusqu’à aujourd’hui. Puis certaines communautés bédouines ont immigré vers le nord, dans la région du Néguev en Israël, ainsi que dans les gouvernorats égyptiens de Sinaï-Nord et de Sinaï-Sud; la plupart sont éleveurs de moutons et de chèvres, ou travaillent dans le secteur du tourisme. L'Égypte compte plus d'un million de Bédouins qui vivent presque exclusivement dans le désert du Sinaï. Ils parlent le ''badawi'' (ou bédawi), plus communément appelé «arabe bédouin», et ils sont de confession musulmane sunnite.
L'arabe bédouin est l’une des variétés véhiculaires parmi les plus difficiles, car même les arabophones de naissance ne parviennent pas à interpréter ce que certains mots peuvent signifier. C'est une forme d'arabe qui représente cette langue dans son état le plus originel, probablement le plus proche de l'arabe coranique. De nombreux mots et de nombreuses expressions n'existent que dans les langues bédouines. De plus, l'arabe bédouin peut être légèrement différent selon qu'il est parlé par des Bédouins nomades et des Bédouins sédentaires. Cela dit, on trouve des Bédouins dans une vingtaine de pays arabophones pour une population totale de quelque 25 millions de personnes. D'un pays à l'autre, les différences peuvent être énormes.
Outre l’arabe égyptien ou un autre arabe vernaculaire, les Bédouins peuvent également parler d’autres langues comme l’hébreu, l’anglais ou le français, notamment dans les zones urbaines ou touristiques; ces langues sont généralement apprises comme deuxième ou troisième langue. Tout cela pourrait normalement influencer le développement de la langue arabe bédouine en la rapprochant des habitudes de langue de l’arabe standard moderne (ASM) et d’autres langues régionales du Proche-Orient et du Moyen-Orient.
3 Les langues vernaculaires non arabes
L'Égypte abrite trois groupes ethniques non arabophones, démographiquement minoritaires et vivant dans des régions périphériques, lesquelles ont longtemps été hors du contrôle du gouvernement central. Il s'agit du nubien, du berbère siwi et du béja, trois langues attestées depuis des périodes anciennes depuis l'Antiquité, qui font historiquement partie de l'héritage culturel de l'Égypte.
Ces langues et leurs variétés se rattachent à des langues ou des groupes de langues parlées au sein d'ensembles bien plus vastes avec lesquels l'Égypte a entretenu des relations historiques. Bien qu'il y eût islamisation pour ces peuples, il n'y a pas eu encore d'arabisation totale, comme ce fut le cas pour le reste de la population égyptienne.
3.1 Le nubien
Le nom de «Nubiens» désignait les premiers habitants de la Nubie, un territoire équivalent à la France le long du Nil, à cheval sur le sud de l'Égypte et le nord du Soudan actuel. Ces Africains subsahariens, voisins méridionaux de l'ancien empire égyptien, en adoptèrent progressivement la religion. Le royaume de Nubie fut florissant et prospère, les Nubiens ayant construit des pyramides, créé des œuvres d'art et des ouvrages littéraires, et développé une écriture unique.
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La Nubie fut le siège de l'une des grandes civilisations de l'Afrique ancienne, et fut conquise par l'Égypte sous le pharaon Thoutmôsis Ier. Devenue province égyptienne, elle donna à l'Égypte la XXVe dynastie (de 743 à 656 avant notre ère), avant de redevenir indépendante et de devenir plus tard grecque d'abord, romaine ensuite, alors qu'elle fut christianisée. Les trois puissants royaumes nubiens chrétiens d'Alodie, Makurie et Nobatie résistèrent à l'islamisation jusqu'au XIVe siècle. Pendant des siècles, les conquérants et les marchands étrangers traversèrent la Nubie en s'y installant parfois et en s'alliant par mariage avec les Nubiens. Quant aux Arabes, qui envahirent une grande partie de l'Afrique du Nord entre le VIIe et le XIe siècle, ils déplacèrent certains groupes nubiens et en assimilèrent d'autres. Aujourd'hui, près de 650 000 Nubiens sont «arabisés» et influencés par la culture, la langue et la religion arabes. L'islamisation s'est faite lentement et pacifiquement en Nubie, car les Arabes n'ont pu dominer aisément les Nubiens. Avec la fin de la colonisation anglaise au XIXe siècle, la Nubie fut séparée en deux parties, l'une appartenant à l'Égypte, l'autre au Soudan. La culture nubienne ne fut réprimée qu'au XXe siècle, lorsque les Nubiens furent contraints de remplacer leur langue traditionnelle, le nubien, par l'arabe vernaculaire et l'arabe standard moderne. |
Sous le président Gamal Abdel Nasser, l'Égypte construisit le haut-barrage d'Assouan qui fut inauguré en janvier 1971. Avec l'aide de l'Union soviétique, ce projet fut conçu pour régulariser les crues du Nil et fournir de l'électricité pour le pays. Cependant, cette gigantesque construction a également entraîné le déplacement de nombreux sites archéologiques, ainsi que le déplacement de nombreuses populations,dont les Nubiens en grande partie coupés de leur lieu d'origine. Ils sont passés d'une région relativement isolée et ethniquement homogène à des villages proches de centres urbains où ils se sont trouvés en contact avec d'autres communautés arabophones. L'arabe, qui est devenu la langue dominante dans toutes les situations sociales (écoles, médias, marchés, administration, etc.) se diffusa rapidement comme langue seconde dans l'ensemble de la population nubienne. Aujourd'hui, la langue nubienne se maintient dans certains domaines, en particulier culturels (chants, poésie, théâtre) et personnels (communications familiales, tractations maritales) et comme «langue secrète» (pour ne pas être comprise par les étrangers).
La langue nubienne, qui appartient à la famille nilo-saharienne, est actuellement parlée le long des rives du Nil en Haute-Égypte ainsi que dans le nord du Soudan par environ 685 000 Nubiens. En 2023, on comptait 183 000 locuteurs du nubien au Soudan et, en 2024 quelque 600 000 locuteurs de cette langue en Égypte. Le nubien est parlé par les Fedicca en Égypte ainsi que par les communautés Mahas et Halfawi au Soudan. Les locuteurs actuels du nubien sont presque universellement multilingues dans les variétés locales de l’arabe, parlant généralement l’arabe standard moderne (pour les usages officiels) ainsi que l’arabe saïdi, l’arabe égyptien ou l’arabe soudanais.
De façon générale, personne ne se préoccupe plus de cette région appelée «Nubie», berceau de civilisations plus anciennes que les dynasties égyptiennes. Dans les manuels d’histoire les plus récents, elle reste réduite à une simple annexe de l’Égypte. Elle conserve parfois le nom de «Nubie», mais comme un rappel historique.
3.2 Le berbère siwi
Le berbère constitue une branche de la famille afro-asiatique et forme un groupe linguistique important dans l'ensemble du Maghreb. Le berbère et ses variétés sont, depuis l'Antiquité, parlés en Afrique du Nord. Il existe aujourd'hui 28 ou 29 langues berbères, dont le tachelhit (ou chleuh), le tamazight, le rifain, le tamasheq, le djerbien, le siwi, etc. tamajaq, siwi, jerba, chaouïa, etc. Elles sont disséminées sur un immense territoire comptant huit États: le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Égypte, la Mauritanie, le Mali et le Niger. L'Égypte qu'une seule communauté berbère, la plus orientale: les Siwi.
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Le siwi n'est parlé en Égypte que dans l'oasis de Siwa et l'oasis de Qara au nord-ouest de l'Égypte, dont la population était estimée à 27 000 personnes en 2025. Le terme de ''Siwa'' est le nom arabe de l'oasis appelée ''Sali'' en berbère, mais la langue est appelée ''siwi'' en arabe et en berbère. Le siwi constitue donc l'avancée orientale extrême du berbère. Les Berbères de Siwa constituent une entité ethnolinguistique associée à un espace géographique bien délimité, celui de l'oasis dans le désert. |
Avant le VIIe siècle, les Berbères de Siwa avaient résisté avec succès aux envahisseurs étrangers. Mais les conquêtes arabes du VIIe siècle les décimèrent. Certains s'enfuirent ou furent repoussés dans le désert, tandis que d'autres se soumirent, s'arabisant linguistiquement et se métissant en partie. Tous se convertirent à l'islam, la majorité étant sunnite. Jusqu'à une période récente, la région de Siwa est demeurée très isolée, mais plus proche de la Libye, ce qui pourrait expliquer le maintien de la langue siwi, car l'influence du gouvernement égyptien n'a réellement commencé que dans les années 1930; c'est à partir de cette date que l'influence de l'arabe s'est fait sentir sur le siwi par l'introduction de nombreux termes arabes. Néanmoins, bien que cette langue ne soit pas protégée ni défendue, elle se maintient face à l'arabe et est toujours la première langue parlée et maîtrisée par les enfants de Siwa.
3.3 La langue béja
Le terme de ''Béja'' désigne une population musulmane parlant l'une ou l'autre des variétés de la branche couchitique de la famille afro-asiatique, appelée ''béja''. En Égypte, les Béjas sont demeurés étroitement apparentés aux anciens Égyptiens, qui vivaient de pastoralisme dans le désert entre le Nil et la mer Rouge, et ce, depuis au moins 2500 ans avant notre ère.
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Les Béjas sont traditionnellement des peuples nomades dont le territoire s’étend sur environ 280 000 km² du sud de l'Égypte jusqu'au nord-ouest de l'Érythrée en passant par le Soudan. En 2022, on comptait 2,5 millions de locuteurs du béja au Soudan et 121 000 en Érythrée. En 2025, on estimait à 124 000 le nombre de locuteurs du béja en Égypte, dans le gouvernorat de la Mer-Rouge, mais un peu dans ceux d'Assouan, de Louxor et de Qena, plus précisément depuis la frontière soudanaise jusqu’à Qena sur le Nil et Hurghada sur la mer Rouge. Le nombre total de locuteurs dans ces trois pays s'élève à 2,7 millions, dont le plus grand groupe vit au Soudan. Comme c'est souvent le cas, le maintien de la langue béja, malgré des siècles de contact avec l'arabe, s'explique par des facteurs d'isolement géographique et économique. La langue béja actuelle n'est pas uniforme, car elle se segmente en de nombreuses variations, probablement une quarantaine. |
Cela dit, beaucoup de Béjas ont changé de langue et parlent l'arabe ou le tigré (au Soudan et en Érythée). Au fil des siècles, différents groupes de Béjas se sont unis par mariage à des Arabes ou à des populations couchitiques du Sud. Cela signifie qu'à l'origine les Béjas ne parlaient pas arabe, mais les mélanges de population ont contribué à leur arabisation partielle et à leur islamisation. Le processus d’arabisation a conduit les Béjas à adopter non seulement la langue arabe, mais aussi les vêtements arabes et l’organisation de parenté arabe.
3.4 La langue copte
Quand on parle des Coptes en Égypte, on fait référence à une minorié ethnique ou religieuse. S'il s'agit du groupe ethnique (les Arabes, les Coptes, les Juifs), le mot «Copte» prend une majuscule initiale; s'il s'agit d'une minorité religieuse (les musulmans, les coptes, les juifs), il prend une minuscule initiale, bien que ce ne soit pas toujours clair lorsqu'on n'oppose pas le mot à Arabe ou à musulman; il est plus aisé de faire la différence lorsqu'on fait référence à la langue, alors qu'on emploie toujours la minuscule initiale («il / elle parle le copte»). On avance le chiffre de sept millions de Coptes/coptes, mais l'Église copte orthodoxe avance le chiffre de douze millions de fidèles, ce qui correspondrait à 10 % de la population égyptienne. Cette minorité constitue la plus ancienne communauté autochtone du pays, une communauté qui existait à l'ère pharaonique, c'est-à-dire plusieurs siècles avant la conquête arabo-musulmane.
- Une langue liturgique
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Il faut bien relever le cas de la langue copte, mais il ne s'agit pas d'une langue maternelle en Égypte. C'est la langue liturgique des chrétiens d'Égypte. Le mot «copte» vient du grec ancien Αἰγύπτιος - Aigúptios signifiant «égyptien» transformé en Kuptios - Kuptaios en copte. De plus, après la conquête de l'Égypte par les musulmans en 641, les Arabes reprirent le mot en le modifiant en قُبْط (qubṭ) ou en قِبط (qibṭ), et l'appliquent aux chrétiens égyptiens. Les Coptes se considèrent comme les «vrais Égyptiens». La langue copte est le résultat de la dernière évolution de la langue égyptienne antique, écrite auparavant avec les hiéroglyphes. Attesté dès le IVe siècle avant notre ère, le copte, une langue chamite de la famille afro-asiatique, était encore parlé par les paysans de la Haute-Égypte au XVIIe siècle. L' alphabet copte dérive de l' alphabet grec, avec des adaptations à la phonologie égyptienne. Il fut développé pour la première fois à l'époque ptolémaïque et remplaça progressivement l'écriture démotique aux alentours des IVe et Ve siècles de notre ère. |
- Une langue fragmentée
Le copte était fragmenté en plusieurs variétés dialectales: l'akhmimique, le bohaïrique, le fayoumique, le lycopolitain (ou subakhmimique), l'oxyrhynchite (moyen-égyptien) et le sahidique. Mais seul le bohaïrique est encore employé, et ce, uniquement dans la liturgie copte. Au XIe siècle, il avait remplacé le sahidique. C'est en fonction du choix de la variété sahidique qu'a surgi l'identité copte. Bref, la langue copte survit uniquement comme langue liturgique de l'Église orthodoxe copte. Dans la vie quotidienne, les Coptes parlent l'arabe égyptien. L'écriture copte est la transcription de la langue égyptienne en lettres grecques complétée par sept caractères démotiques pour rendre les sons qui n'existaient pas en grec.
- La diffusion de l'islam
La diffusion de l'islam et de l'arabe en Égypte fut encouragée dès le début du VIIIe siècle de notre ère par le calife Abd Al-Malek Ibn Marawan (646-705) et son mouvement d'arabisation. Il décréta que l'arabe devait remplacer le grec comme unique langue administrative. Dès lors, les Coptes furent contraints d'apprendre l'arabe afin de conserver leur emploi au sein du gouvernement ou de commercer avec les musulmans. Un siècle plus tard, un autre calife imposa aux chrétiens coptes le paiement d'une double-capitation (''kharadj''), le port du turban noir et d'une lourde croix autour du cou. Évidemment, le copte littéraire déclina progressivement et, au VIIIe siècle, l'évêque égyptien Sévère ibn al-Muqaffa (mort en 759) dut rédiger son Histoire des patriarches en arabe.
Cette citoyenneté de second rang les condamna à une ghettoïsation plus ou moins sévère selon les périodes. Pour échapper aux différentes stigmatisations, beaucoup de Coptes se convertirent à l'islam. Au XIIIe siècle, le calife abbasside Al-Mustasim (1213-1258) abandonna la politique d'arabisation à l'égard des Coptes, mais ceux-ci étaient devenus une minorité et la plupart avaient déjà perdu leur langue.
Le copte est resté une
langue plus ou moins vivante jusqu'au XIVe
siècle avant de ne se conserver que dans la liturgie. En temps de paix, l'islam
hanafite de la région était relativement tolérant, mais périodiquement, des
persécutions sévères contre les Coptes eurent lieu au XVIe
siècle sous le règne des Fatimides et des Turcs. De nombreux Coptes s'exilèrent
en Éthiopie, et y renforcèrent l'Église chrétienne de ce pays tout en exerçant
des activités commerciales en Afrique de l'Est, ainsi que par mer entre
l'Éthiopie, l'Arabie Saoudite, l'Inde, l'Indonésie, etc. L'île de Socotra,
aujourd'hui yéménite et musulmane, était l'un de leurs comptoirs et on y voit
encore des ruines d'églises et de monastères. Face à l’emprise colonialiste de
la Grande-Bretagne à la fin du XIXe
siècle, les Coptes se sont montrés résolument nationalistes et s’engagèrent dans
la lutte pour l’indépendance de l'Égypte.
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Finalement, ce
sont les tensions religieuses et les difficultés économiques croissantes
qui poussèrent de nombreux coptes égyptiens orthodoxes vers l'exil:
après les années 1950, plus de 500 000 Coptes ethniques se réfugièrent
aux États-Unis, mais d'autres se s'installèrent en France, au
Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Canada. Boutros ("Pierre") Boutros-Ghali (1922-2016) fut l'un des Coptes les plus célèbres de l'Égypte. Issu d'une grande famille copte, il parlait cinq langues, dont le français, l'anglais, l'arabe, le turc et le persan. Il fut nommé secrétaire général des Nations unies (de janvier 1992 à décembre 1996), En 1997, il devint le 1er secrétaire général de la Francophonie, poste qu'il occupa jusqu'en 2002. Au cours de sa carrière, M. Boutros-Ghali s'est vu décerner d'innombrables distinctions et titres honorifiques par 24 pays dont l'Égypte, la Belgique, l'Italie, la France, etc. Il a reçu des doctorats honorifique d'une vingtaine de pays et d'une trentaine d'universités. |
- La situation des
Coptes
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Aujourd'hui, depuis la chute du président Moubarak et de la montée des
«Frères musulmans», les sept millions de Coptes craignent pour leur sécurité. Depuis 2011, plus de 95 000 Coptes ont quitté l'Égypte, chassés par les pogroms antichrétiens dont est victime la minorité copte. Pour les
«Frères musulmans» salafistes, qui prônent un islam radical et intolérant, les coptes
chrétiens constituaient des «ennemis de l'intérieur» à exterminer: on les accuse
d'être des «agents de l'étranger», des «mauvais Égyptiens», des «complices des croisés occidentaux»
et des «juifs sionistes», des «engeances de Satan complotant contre l'islam et la nation», etc.
Les Coptes sont concentrés principalement dans trois gouvernorats : (1) Minya >12%, (2) Assiout >12% et (3) Mer-Rouge >13,4%. Dans une proportion moindre (entre 4% et 9%), on peut citer les gouvernorats suivants: Le Caire > 7,2%, (4) Gizeh > 4,9%, (5) Sohag > 5,7%, (6) Qena > 5,2%, (7) Louxor > 8,2%) et (8) Assouan > 7,7%. Auparavant relativement prospères, fortement impliqués et bien représentés dans la vie politique au Parlement, les Coptes d'Égypte sont maintenant devenus des étrangers dans leurs propres pays, eux qui descendent des anciens Égyptiens présents plusieurs siècles avant la conquête arabo-musulmane. |
Mais c'est aussi le cas des minorités religieuses dans bien d'autres pays à majorité musulmane: leur présence millénaire est devenue insupportable aux islamistes radicaux salafistes qui rêvent de construire un régime théocratique et de «purifier» leurs pays de toute diversité religieuse et culturelle. Il ne fait aucun doute que la montée de cet extrémisme en Égypte devrait accroître le nombre de réfugiés ailleurs.
4 La diversité des communautés linguistiques
Au premier rang, il faut mentionner les différentes variétés d'arabe parlées par plus d'un million de locuteurs: l'arabe soudanais, l'arabe algérien, l'arabe marocain et l'arabe du Golfe. Il faut ajouter également l'arabe saoudien najdi, l'arabe leventin, l'arabe yéménite, l'arabe libanais, l'arabe palestinien, etc. Une mention spéciale doit être accordée à l'arabe libyen (600 0000), parce que ses locuteurs sont concentrés près de la Libye sur la côte méditerranéenne. La grande majorité de cette population est composée d'Arabes libyens ou de Berbères arabisés. Durant ses nombreuses années du règne de Mouammar Kadhafi en Libye, beaucoup de rebelles qui ont échappé à la capture ont dû fuir le pays et s'installer en Égypte voisine. Il y a aussi des Français, des Turcs, des Grecs et une multitude de petites minorités.
4.1 Les groupes ethniques, leurs langues et leurs religions
Voici les groupes ethniques tels qu'ils se présentaient en 2025:
| Groupe ethnique | Population (2025) |
Pourcentage | Langue maternelle | Appartenance linguistique | Religion |
| Arabe égyptien | 68 964 000 | 58,3 % | arabe égyptien | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe saïdi | 23 650 000 | 19,9 % | arabe saïdi | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Égyptien copte | 7 163 000 | 6,1 % | arabe égyptien | famille afro-asiatique (sémitique) | christianisme copte |
| Arabe soudanais | 4 100 000 | 3,5 % | arabe soudanais | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe algérien | 2 051 000 | 1,7 % | arabe algérien | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe marocain | 1 931 000 | 1,6 % | arabe marocain | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe du Golfe | 1 820 000 | 1,5 % | arabe du Golfe | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Bédouin libyen | 600 000 | 0,5 % | arabe libyen | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Nubien | 520 000 | 0,4 % | nubien | famille nilo-saharienne | islam |
| Arabe libyen | 498 000 | 0,4 % | arabe libyen | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Bédouin du Sinaï | 335 000 | 0,3 % | arabe bédouin (bédawi) | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe saoudien najdi | 290 000 | 0,2 % | arabe saoudien najdi | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe leventin | 208 000 | 0,2 % | arabe leventin | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe yéménite | 207 000 | 0,2 % | arabe yéménite | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe saoudien | 199 000 | 0,2 % | arabe saoudien | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe libanais | 181 000 | 0,2 % | arabe libanais | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Arabe béja | 124 000 | 0,1 % | béja | famille afro-asiatique (couchitique) | islam |
| Français | 107 000 | 0,1 % | français | langue romane | christianisme |
| Arabe palestinien | 87 000 | 0,1 % | arabe palestinien | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Grec | 68 000 | 0,1 % | grec | langue grecque | islam |
| Nubien kumuz | 63 000 | 0,0 % | nubien mattokki | famille nilo-saharienne | islam |
| Turc | 52 000 | 0,0 % | turc | famille altaïque | islam |
| Érythréen tigrigna | 40 000 | 0,0 % | tigrigna | famille afro-asiatique (sémitique) | christianisme orthodoxe |
| Kharga | 39 000 | 0,0 % | arabe libyen | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Touareg algérien | 36 000 | 0,0 % | arabe algérien saharien | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Allemand | 34 000 | 0,0 % | allemand | langue germanique | christianisme |
| Albanais | 34 000 | 0,0 % | albanais guègue | isolat indo-européen | islam |
| Wahati du Baharia | 34 000 | 0,0 % | arabe bédouin | famille afro-asiatique (sémitique) | islam |
| Berbère siwi | 27 000 | 0,0 % | siwi | famille afro-asiatique (berbère) | islam |
| Somalien | 23 000 | 0,0 % | somali | famille afro-asiatique (couchitique) | islam |
| Britannique | 22 000 | 0,0 % | anglais | - | christianisme |
| Autres | 547 000 | 0,4 % | - | - | - |
| Total | 118 336 000 | 100 % | - | - | - |
On remarquera que les plupart des Égyptiens parlent des langues de la famille afro-asiatique, dont des langues du groupe sémitique et plus rarement du groupe couchitique. Le nubien fait partie de la famille nilo-saharienne. Il faudrait ajouter le grec (qui remonte à la période hellénistique, mais a évolué depuis en variante du grec moderne), le turc (famille altaïque), qui remonte à l'époque ottomane, le français qui date de l'expédition de Bonaparte en Égypte et de la construction du canal de Suez sous Napoléon III, et l'anglais qui remonte au protectorat britannique.
4.2 Les religions
La religion fut omniprésente en Égypte, influençant l'art, la politique et l'économie pendant près de 3000 ans.
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La religion de l'Égypte antique était polythéiste; elle comportait de nombreuses divinités (dieux ou déesses) comme Osiris (dieu des morts), Isis, Horus ou Seth. Une métropole de la religion égyptienne était sans aucun doute Memphis (Égypte) avec ses multiples temples, dont celui de Ptah. La plupart des divinités égyptiennes avaient une tête ou un corps d'animal, des pouvoirs magiques et certains pouvaient même changer de visage dans une journée. Les Égyptiens croyaient à la vie après la mort (pour aller dans l'au-délà avec leurs corps et leurs biens, ils se faisaient momifier et garnissaient leurs tombes de meubles et de viatiques) et au jugement dernier (pour que cela se passe bien, ils portaient des amulettes et inscrivaient des formules magiques sur les parois). De plus, l'Égypte antique, durant sa courte période amarnienne, semble être à l'origine du monothéisme, avec le culte du Dieu créateur unique Râ. |
La religion de l'Égypte antique disparut progressivement entre le IIIe et le Ve siècle de notre ère, sous l'effet conjugué de la christianisation, de la perte de souveraineté politique (par la domination d'abord perse, puis hellénistique, et enfin romaine ) et de l'interdiction officielle des cultes païens, notamment via les édits de Théodose en 391-392. La fermeture des derniers temples, comme celui de Philae, marqua la fin de ces croyances organisées. Toutefois des éléments rituels initiatiques des cultes d'Ammon ou d'Isis se transmirent à travers les confréries musulmanes (soufisme) ou chrétiennes (nestorianisme, monophysisme, cénobitisme).
Puis les conquêtes arabes introduisirent l'islam, ce qui eut pour effet d'éliminer le christianisme, le latin et le grec. Aujourd'hui, l'Égypte est un pays à très large majorité musulmane sunnite, soit environ 90 % de la population. L'islam est la religion d'État et une source principale de législation.
La communauté chrétienne est principalement copte orthodoxe, formant environ 10 % de la population. Ce sont les descendants des premiers chrétiens égyptiens. Il existe aussi de petites communautés de catholiques, de protestants et de juifs. L'État reconnaît officiellement trois religions : l'islam, le christianisme et le judaïsme.
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1) Situation générale |
2) Données historiques |
3) Politique linguistique |
4) Bibliographie |
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